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20 / 11 / 2008
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Le cinema est-il la chance de l'economie tunisienne ? PDF Version imprimable Suggérer par mail
Écrit par Dr. Abderrazek Ben Jemâa   
16-08-2008
Index de l'article
Le cinema est-il la chance de l'economie tunisienne ?
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Souvent cantonné dans la shère strictement culturelle, le cinéma tunisien a tout intérêt à se positionner de manière économique. Le livre du Dr Abderrazek Ben Jemâa « Contribution à une mise à niveau du cinéma tunisien » développe une thèse originale : selon l’auteur, le cinéma pourrait être la panacée à l’économie tunisienne.


1. Les motifs de la publication de ce livre sur Internet :
Partout dans le monde, des bibliothèques numériques, publiques et privées, sont en cours de constitution. Pour assurer à leurs cultures une certaine visibilité, tous les pays sont appelés à numériser leurs savoirs au risque de les voir disparaître. Le projet de développement de la bibliothèque numérique mondiale, mené en coopération avec l’UNESCO et d’autres bibliothèques et institutions culturelles du monde entier, s’inscrit dans ce cadre. La présente initiative de Tunisiancreativity (http://www.tunisiancreativity.com) constitue justement une contribution à l’épanouissement de la créativité tunisienne grâce aux nouvelles technologies.
En Tunisie comme ailleurs, tant de thèses, de manuscrits artistiques et scientifiques, d’actes de colloque, de cours, ne sont pas communiqués au public car leur impression sur papier coûterait trop cher. Tunisiancreativity veut faire face à ce problème en publiant de manière numérique tous ceux qui ont quelque chose à dire au monde.
Ce faisant, nous contribuons à la préservation de la nature car pour imprimer seulement 50 kg de papier, on a besoin en moyenne d’un arbre adulte. Imaginez le nombre d’arbres qu’il a fallu abattre pour fabriquer tous les livres de la terre… Et on s’étonne que notre planète se révolte…
Je profite justement de cette occasion pour informer tous les poètes, les écrivains, les artistes, les chercheurs, que désormais, aucun obstacle ne s’oppose à la circulation de leurs créations dans le monde.
2. Le cinéma n’est pas une contrainte budgéraire. C’est la solution aux problèmes budgétaires.

En Iran, le cinéma figure depuis plusieurs années dans la liste des produits stratégiques d’exportation. Au Maroc, en plus des retombées positives sur l’emploi, le tournage des films étrangers a rapporté en 2007 plus d’un milliard de dollars, à peu près la moitié de ce qu’a rapporté toute l’industrie du tourisme tunisien au cours de la même année. Au Japon, les performances du cinéma d’animation sont encore plus éloquentes : 1.7 milliards de dollars de ventes en 2004, réalisés principalement grâce au savoir-faire principalement. Aux Etats-Unis, l’industrie cinématographique est la première industrie exportatrice et elle a créé plus d’emplois que dans les secteurs hôtelier, automobile et pharmaceutique réunis. Certes la Tunisie, avec ses 10.2 millions d’habitants n’est pas le Maroc (33 millions d’habitants), ni la France (64 millions d’habitants), ni l’Iran (66.5 millions d’habitants), mais il ne faut pas non plus exagérer l’importance du facteur démographique au détriment de la variable stratégique. A titre d’exemple, la Belgique, avec une population de 10.5 millions d’habitants (à peu près la même population que la Tunisie), ne dispose pas moins de 507 écrans en 2006 pour 18 écrans en Tunisie.

Tous les chiffres confirment qu’au niveau mondial, le cinéma est un secteur très prometteur sur le plan économique avec un grand potentiel d’employabilité. Aucun pays, qu’il soit du Nord ou du Sud, ne peut se permettre de négliger ce marché, devenu en l’espace de quelques années, l’objet de tant de convoitises.  Pourtant, lorsqu’on s’intéresse au cinéma tunisien, dont les racines pourtant remontent loin dans le temps (le Festival de Carthage ayant vu le jour bien avant les Festivals du Film de Tokyo, de Moscou ou d’Iran), et malgré son succès culturel et artistique dans plusieurs festivals internationaux, on remarque d’une manière générale que le succès commercial n’est pas au rendez-vous, et cela autant sur le marché local que sur les marchés extérieurs.

En ce sens, le cinéma constitue une des clés de la solution budgétaire, non un problème budgétaire de plus. D’ailleurs, malgré un contexte de marasme international, les films du Nord mais aussi du Sud, continuent de faire des recettes à l’export, qui se chiffrent par centaines de millions de dollars et parfois même par milliards de dollars. 

La Tunisie peut et doit accompagner cet essor.

3. La faiblesse de l’impact du cinéma tunisien sur le marché local et sur les marchés étrangers.

Depuis très longtemps, le cinéma en Tunisie a été cantonné dans la sphère strictement culturelle. Malgré les consignes du Président de la République dans ce sens, le cinéma tunisien n’a pas su prendre le virage économique nécessaire. D’ailleurs, fait très significatif, les entreprises audiovisuelles ne sont pas éligibles au Programme de Mise à Niveau. Sur le plan local, la réduction du nombre de salles de cinéma peut justifier jusqu’à un certain point la fiablesse des performances. Néanmoins, les pouvoirs politiques ont permis au Fonds de Promotion la Décentralisation Industrielle (FOPRODI) de financer, entre autres, la construction de multiplexes culturels dans le cadre de la création de centres culturels privés. La participation du FOPRODI ainsi que celle des SICARS (Sociétés d’Investissement à Capital Risque) peut aller jusqu’à 90% du capital. Plusieurs primes sont prévues dans le cadre du FOPRODI (une prime d’investissement, une prime d’étude et d’assistance technique, une prise en charge par l’Etat d’une partie des terrains et des locaux nécessaires). Malheureusement, aucun entrepreneur n’a exploité cette opportunité.


 
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