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Le cinema est-il la chance de l'economie tunisienne ? | Le cinema est-il la chance de l'economie tunisienne ? |
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| Écrit par Dr. Abderrazek Ben Jemâa | |||||
| 16-08-2008 | |||||
Page 2 sur 3 Sur les marchés étrangers, il faut reconnaître que nous n’avons pas mis en place une stratégie exportatrice du cinéma tunisien. Feu Bahaeddine Attia l’a bien compris à la vie de sa vie : le cinéma d’animation 2D mais aussi 3D constitue une opportunité extraordinaire à l’export. Mais savez-vous qu’en Tunisie, il n’y a aucune institution supérieure publique dédiée au cinéma 2 D et 3D ? Savez-vous que nous ne disposons d’aucune institution supérieure publique dédiée à l’enseignement du scénario alors que ces deux créneaux sont très rentables sur les marchés étrangers. 4. Une étude de cas impressionnante :
Seize producteurs tunisiens ont accepté de faire partie de l’échantillon étudié : M. Abdellatif Ben Ammar, Mme Dorra Bouchoucha, M. Hassen Daldoul, M. Habib Belhédi, M. Hichem Ben Ammar, M. Ibrahim Letaief, M. Imed Marzouk, M. Lotfi Layouni, M. Moez Kamoun, M. Mohamed Habib Attia, M. Mohamed Zran, M. Moncef Dhouib, M. Naceur Ktari, M. Naoufel Saheb Ettaba, M. Nejib Ayed et M. Ridha Turki.
Sur le plan local, plusieurs actions sont à prendre. A raison de 02 salles par gouvernorat et par an en moyenne, il est possible de créer 100 salles de cinéma en 05 ans grâce au concours du FOPRODI dans le cadre de multiplexes culturels.. Le retour à la publicité pour les films tunisiens à la télévision nationale est aussi à négocier avec les diffuseurs de Canal 7 sur le câble. .. Il sera très utile, à l’instar de certains pays européens, mettre en place le concept de Tax Shelter qui permet à des entreprises de bénéficier d’exonérations fiscales en cas d’investissement de leurs bénéfices dans un projet cinématographique, comme cela existe d’ailleurs en Tunisie pour le secteur informatique. Pourquoi ne pas appliquer la procédure aux entreprises cinématographiques, d’autant plus que certains films sont désormais totalement réalisés de manière informatique, comme les films en 3D ? A titre d’exemple, en Belgique, petit pays de 10.5 millions d’habitants, le crédit d’impôt ou Tax Shelter a permis de collecter en 2005 autour de 35 millions d’euros pour la production cinématographique et de financer une trentaine de films. Tant que l’on considère le cinéma comme un secteur strictement culturel, incapable de produire des richesses et nécessitant une assistance de la part des pouvoirs publics, il peut paraître légitime de ne pas l’inclure dans le Programme de Mise à Niveau. Mais si on développe une autre vision, bâtie sur un cinéma à vocation industrielle, créateur de richesses et exportateur, il serait alors approprié de favoriser l’adhésion de toutes les sociétés de production cinématographique à ce programme, du moment qu’elles remplissent les conditions générales d’éligibilité. Si on réussit à mettre à niveau le réseau d’exploitation, à améliorer le budget des films et à assainir la situation des sociétés de production, on pourra alors envisager le remplacement de la subvention à fonds perdus par une avance sur recette. Dans ce cadre, les longs métrages retenus pourront bénéficier d’une avance sur recettes avec un plafond de six cents mille dinars, le producteur restant libre de réclamer une avance inférieure à ce montant. Cette avance sur recette remplacera la subvention à fonds perdus actuelle. Cette proposition sera intéressante pour les cinéastes qui seront certes tenus de faire des remboursements mais qui disposeront en contre partie d’un véritable marché. Evidemment, cette mesure ne pourra pas être appliquée tant que le nombre de salles n’aura pas atteint un seuil critique. Dans les textes, il est prévu que la Télévision Nationale accorde une subvention de 100.000 dinars à chaque film tunisien. Dans les faits, le texte n’est pas appliqué de manière systématique. Si la réticence de la télévision est motivée par des critères qualitatifs, il faudrait dans ce cas intégrer un représentant de la télévision à la commission d’octroi des subventions. En revanche, si cette réticence s’explique par des questions budgétaires, il faudrait penser alors à une mise à niveau de la télévision lui donnant entre autres les moyens de financer en partie les films tunisiens mais aussi de les diffuser moyennant une rémunération raisonnable. Car on ne peut sérieusement mettre à niveau le cinéma tunisien si la télévision nationale n’est pas une partie prenante du processus. On ne peut pas mettre en place un système pareil sans lutter contre le piratage. Selon les professionnels, on dénombre 34.000 revendeurs de CD et de DVD pirates, rien que dans le Grand-Tunis, soit plus ou moins 68.000 revendeurs dans toute la Tunisie. On estime que si un film est vendu à hauteur de 2 copies par boutique, on se retrouve avec 136.000 films vendus de manque à gagner pour le producteur en quelques jours. Il faudra d’abord que l’administration fiscale cesse de délivrer des autorisations d’implantation de commerces pour la revente de CD et de DVD pirates. Cette mesure ne peut attendre car au lieu de devoir solutionner le problème posé par 68.000 revendeurs, on se trouvera bientôt en face de 200.000 revendeurs et la question deviendra autrement plus ardue à résoudre. On n’a pas d’autre choix que d’appliquer la loi promulguée contre le piratage. Rappelons par ailleurs que la France et la Communauté Européenne se sont engagées clairement contre la contrefaçon. La Tunisie, comme partenaire de la France et de l’Europe, sera tenue de tenir compte des décisions qui seront prises au niveau européen et mondial. Mais parallèlement à la lutte contre la contrefaçon, il faudra penser à reconvertir les revendeurs de CD et de DVD pirates dans le secteur légal. Plusieurs possibilités existent : soit les transformer en centres de formation internet et multimédia pour enfants, soit leur donner la possibilité de se constituer en sociétés pour créer justement les salles de cinéma dont on a besoin, soit envisager d’autres types de conversion. Pour assurer la transparence de la relation entre producteurs et exploitants et pour permettre aux services fiscaux de contrôler les recettes des exploitants, il faudra bien entendu mettre en place une billetterie nationale unique.
En ce qui concerne le nombre de sessions, il faudra organiser dans les faits au moins 02 sessions par an, non pas par philanthropie à l’égard des cinéastes mais pour ne pas priver la Tunisie de subventions en devises. En effet, plusieurs fonds internationaux, qui eux organisent au moins deux sessions par an, proposent des subventions aux cinéastes tunisiens, sous condition, entre autres, qu’ils aient obtenu auparavant la subvention nationale. Chaque fois qu’en Tunisie, nous organisons une session tous les 12 mois par exemple, soit une fois sur deux ou sur trois (par comparaison aux fonds internationaux), nous privons les cinéastes tunisiens et la Tunisie de subventions très substantielles qui peuvent s’élever à des centaines de milliers d’euros puisque indirectement nous aurions privé les cinéastes tunisiens de concourir aux subventions internationales pendant 02 sessions. Par ailleurs, en raison de l’évolution internationale de la numérisation tant au niveau de la production qu’au niveau de la distribution et de l’exploitation, il n’est plus nécessaire au Ministère de la Culture et de la Sauvegarde du Patrimoine d’imposer aux cinéastes de lui remettre 02 copies en 35 mm, grevant ainsi les budgets déjà modestes des films ; le cinéaste restant libre de choisir le support qui lui semblera approprié.
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| Dernière mise à jour : ( 16-08-2008 ) | |||||
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