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Le cinema est-il la chance de l'economie tunisienne ? | Le cinema est-il la chance de l'economie tunisienne ? |
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| Écrit par Dr. Abderrazek Ben Jemâa | |||||
| 16-08-2008 | |||||
Page 3 sur 3 La plupart des spécialistes reconnaissent que l’un des points faibles du cinéma tunisien réside dans la rareté de scénaristes confirmés. Paradoxalement, à part certains modules d’initiation à la scénarisation, prévus par certaines institutions d’enseignement public et privé et un atelier financé par Le Centre National de la Cinématographie Français et organisé en Tunisie par une société de production tunisienne, aucune formation diplômante dans le domaine n’existe en Tunisie. La formation des scénaristes pourra se faire dans le cadre d’un Master pour les licenciés en littérature et sciences humaines (ce qui résoudra les problèmes de l’emploi des licenciés d’arabe, de sociologie, de psychologie, etc.), mais aussi dans le cadre du programme 21-21, et dans le cadre d’une institution spécialisée dans la formation des scénaristes. En raison du potentiel formidable qu’offre l’animation 2D et 3D, autant sur le plan de l’exportation que sur le plan de l’employabilité, il est nécessaire de créer une institution spécialisée dans le domaine de l’animation et des effets spéciaux. Des efforts sont à faire pour le renforcement de la formation au métier de producteur, soit dans le cadre des écoles d’audiovisuel, soit aussi dans le cadre d’un master dédié aux licenciés en gestion. La création d’une structure de planification : Dans l’idéal, pour prendre en charge une pareille stratégie, un Centre Cinématographique s’impose. Mais en supposant que les pouvoirs publics ne soient pas favorables à sa création, il faudra alors au moins renforcer la Direction Cinéma relevant du Ministère de la Culture et de la Sauvegarde du Patrimoine, avec du personnel et des ressources informatiques. Sur le plan de l’exportation, plusieurs solutions peuvent être envisagées. Nous sommes visités par à peu près 6.5 millions de touristes par an. Si nous réussissons à intéresser le 1/5 des visiteurs à voir un seul film tunisien durant leur séjour, les revenus en découlant seraient au moins de l’ordre de 5.2 millions de dinars, à raison de 04 dinars par entrée. Mais il faudra en contrepartie pourvoir les théâtres de plein air, de matériel son et image et organiser à l’occasion de la saison estivale une véritable campagne pour y attirer les touristes mais aussi les spectateurs tunisiens. Il faudra aussi envisager la construction de salles de cinéma couvertes dans les hôtels, pour exploiter la basse saison et attirer plus de spectateurs étrangers mais aussi locaux. Pour attaquer les marchés étrangers, on peut proposer deux types de films : les films locaux à forte authenticité culturelle mais aussi des films, qui tout en étant profondément tunisiens, peuvent véhiculer un discours universel (soit dans le fond, soit la forme, soit dans le fond et la forme). Plusieurs créneaux s’offrent, je propose de nous spécialiser dans le cinéma d’animation 2D et 3D, en raison du potentiel immense de ces deux techniques et en raison de l’expérience très intéressante initiée par feu Bahaeddine Attia. Pour encourager les tournages étrangers qui constituent une source très importante en devises et qui ont une très forte employabilité, il est vital de mettre en place une véritable stratégie nationale s’articulant autour des points suivants : intensification de la prospection commerciale à l’étranger, aide à la construction de studios au Sud de la Tunisie (dans le cadre du FOPRODI), implication du secteur touristique, institution d’un taux de change préférentiel pour les producteurs étrangers, institution d’un taux d’hébergement préférentiel pour les équipes de tournage, amélioration de la maîtrise parfaite des langues étrangères pour les techniciens tunisiens, etc. En contrepartie des aides accordées aux tournages étrangers, les producteurs exécutifs seront taxés et cette taxe ira aussi financer les films tunisiens. Ce créneau mérite d’ailleurs une attention particulière de la part de la FIPA (l’Agence de Promotion de l’Investissement Extérieur) qui, grâce à des bureaux situés à Bruxelles, Chicago, Londres, Cologne, Milan et Paris, est très bien placée pour attirer les investissements cinématographiques internationaux. Il est nécessaire de créer une société pour la vente des films tunisiens à l’étranger. Cette société, qui d’ailleurs peut être totalement privée, pourra bénéficier de l’appui du Ministère de la Culture et de la Sauvegarde du Patrimoine et du CEPEX. Sa rémunération proviendra d’une commission perçue sur la vente des films. Finalement et pour compléter les recommandations précédentes, une consultation nationale sur le cinéma, qui permettra l’adoption et l’application d’une stratégie de mise à niveau du secteur, sera la bienvenue, à l’instar des consultations sur la musique et le théâtre décidées par le Président de la République. 6. En postface du livre, un scénario intitulé « La Dernière salle » décrivant la fermeture de la dernière salle en Tunisie. Certains pays africains ne disposent plus d’aucune salle de cinéma.. Mais cela ne va pas dire pour autant que le cinéma disparaîtra. J’ai bien expliqué dans le premier chapitre du livre consacré à l’évolution de la technologie du cinéma que ce dernier est désormais diffusé sous forme de DVD consultables chez soi (Home Cinéma), qu’il est diffusé directement sur Internet appelé à devenir dans la prochaine décennie un support de diffusion prioritaire et qui est diffusé même sur les téléphones portables (qui constitue contre toute attente un marché gigantesque pour les très courts métrages). 7. Economie du cinéma et art du cinéma J’ai commencé ma carrière en tant qu’enseignant de langue française. Dans ce cadre, j’ai commencé par publier un roman « Tadémaît, fille du Hoggar » dont les droits ont été acquis par feu Bahaeddine Attia mais qui maleureusement n’a pas été produit. Puis j’ai obtenu un troisième de gestion financière et un doctorat de troisième cycle en organisation et management. Mais je n’ai jamais abandonné la création. Bien au contraire, j’ai essayé de concilier dans mon action et ma vie autant ma passion pour la créativité que mon savoir-faire de manager. |
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| Dernière mise à jour : ( 16-08-2008 ) | |||||
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