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Qui sauvera Citigroup? Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Écrit par Rabie Khabouze   
24-11-2008
citigroupQui sauvera Citigroup? La deuxième banque mondiale, qui était il y a encore un an l'entreprise la plus riche au monde, est en chute libre. Pour éviter le pire, la Fed, associée au Trésor américain, a annoncé un plan de sauvetage inédit de vingt milliards de dollars. Le prix à payer pour éviter à ce pilier de Wall Street de disparaître, après une décennie de succès et de scandales. La Réserve fédérale des Etats-Unis, la Fed, a dû à nouveau puiser dans ses réserves d'urgence pour sauver Citigroup, l'un des colosses bancaires nord-américains. Après une semaine de chute libre en bourse, l'action de Citigroup est passée de 55 à 4 dollars. La journée de lundi devrait sceller le sort de l'entreprise: si l'action passe sous zéro, le géant de la finance devra envisager la fusion, la vente ou, pire, la faillite. Pour éviter l'un de ces scénarios catastrophes, la Fed, en association avec le Trésor américain et la FDIC (le régulateur bancaire fédéral), a injecté dans la nuit de dimanche à lundi près de 20 milliards de dollars de liquidités dans les comptes de Citigroup. La Réserve fédérale américaine garantira également 306 milliards d'actifs de la société financière - répartis entre les lignes de crédit et les produits financiers.

Un sauvetage inédit et couteux que Washington, qui refusait pourtant la veille de confirmer des pourparlers engagés avec Citigroup, s'est empressé de justifier dans un communiqué: "Le gouvernement des Etats-Unis est déterminé à soutenir la stabilité des marchés financiers, qui constitue un préalable à la restauration d'une croissance économique forte. En accord avec cet engagement, le gouvernement a signé un accord avec Citigroup afin de fournir une série de garanties, accès à la liquidité et capital." Un accord qui stipule que le géant de la finance devra céder des actions préférentielles, à hauteur de 27 milliards, aux autorités financières.

Une décennie de succès

Citigroup n'est pas n'importe quel groupe financier: en mars 2007, le magazine Forbes le considérait comme l'entreprise la plus riche de la planète, avec des actifs financiers totalisant alors 2200 milliards de dollars américains. Le groupe avait obtenu ce leadership grâce à une agressivité capitaliste devenue légendaire et une résistance inédite aux crises successives. Née de la fusion entre deux grands établissements bancaires en avril 1998, Citigroup a pris son envol en 2001-2002 quand il a été repris en main par le magnat de la finance, Sandy Weill. Aujourd'hui retiré des affaires, cet ancien trader d'origine polonaise a su jouer des rouages de Wall Street pour transformer alors son groupe en première banque mondiale. Selon son expression, il a créé le premier "supermarché de la banque", proposant des services financiers à tous les échelons du système capitaliste.

Mais, derrière le succès en bourse - l'action atteint des records historiques dans les années 2000 -, Citigroup a été mêlé aux plus gros scandales, comme la faillite du courtier Enron ou de l'opérateur WorldCom. Malgré un changement de direction en 2003, ces affaires finissent par nuire à la réputation de la banque, amenée à plusieurs reprises devant les tribunaux. En 2007, le P-DG, Charles Prince, doit finalement démissionner après avoir annoncé 17 000 suppressions d'emplois. Mais il est déjà trop tard, et les pertes nettes trimestrielles augmentent de façon exponentielle.

La nomination à la tête du groupe de Vikram Pandit, virtuose de la finance indienne, n'y changera rien. Mi-octobre dernier, l'ex-première banque mondiale s'est vu octroyer près de 25 milliards d'euros, dans le cadre du plan Paulson. Une aide qui n'a pas restauré la confiance des investisseurs: lundi dernier, le titre s'est effondré, jusqu'à passer sous les 4 dollars jeudi. Pourtant, Vikram Pandit avait annoncé 52 000 suppressions d'emplois et une compression des dépenses de 20%. Le seul espoir du groupe réside désormais dans l'impact, en bourse, de l'annonce du plan de sauvetage décidé par les autorités financières américaines. Selon Marc Faber, un investisseur interrogé vendredi par CNBC, "Citigroup pourrait voir son action flamber de 100% ou plonger dans le néant". Jusqu'à l'ouverture de Wall Street lundi midi, le suspense reste donc entier.

LEJDD


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