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Inauguration du service d’hématologie oncologie pédiatrique Lalla Salma Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Écrit par Rabie Khabouze   
22-11-2008
Index de l'article
Inauguration du service d’hématologie oncologie pédiatrique Lalla Salma
Page 2

1300 nouveaux cas de cancer de l’enfant par an au Maroc
Le 22 novembre est décrété journée nationale du cancer. Plusieurs manifestations ont été programmées pour célébrer ce jour dans un but de sensibilisation pour mieux organiser une solidarité avec les malades et leur famille en enclenchant une mobilisation générale. Dans cette optique et pour le cancer de l’enfant, il y a au niveau de Casablanca, l’inauguration de la nouvelle unité d’hématologie et oncologie pédiatrique Lalla Salma à l’hôpital du 20 août.

Elle représente une extension de l’ancien service spécialisé dans les maladies du sang, mais qui, jusqu’à présent, recevait aussi bien enfants qu’adultes. Un acquis pour les enfants dont il faudrait s’assurer du suivi et un progrès manifeste pour l’amélioration de la qualité de prise en charge des enfants malades.

40.000 cas de cancer par an au Maroc dont 1300 enfants

On estime qu’il y a 40 milles nouveaux cas de cancer au Maroc chaque année, dont 1200 à 1300 enfants. Pour le cancer de l’enfant, il est plutôt rare, en fait de prévalence, par rapport à celui qui atteint l’adulte. Il s’agit de 100 à 150 nouveaux cas d’enfants cancéreux de moins de 15 ans par an pour un million d’habitants. D’après le taux de cette prévalence, pour une population comme le Maroc de trente millions d’habitants, il faudrait compter trois mille nouveaux cas de cancer d’enfants. Toutefois, en ce qui concerne le Maroc, les spécialistes du service d’oncologie pédiatrique estiment que l’incidence annuelle du cancer de l’enfant au Maroc est de 1200 à 1300 nouveaux cas chaque année. Seulement, de ces cas nouveaux, seuls 700 sont diagnostiqués parce qu’ils arrivent dans les unités hospitalières principales de Casablanca (hôpital d’enfants et hôpital 20 Août qui font face à la demande de la capitale économique et du sud du Maroc jusqu’aux provinces du Sud, Laâyoune (7 enfants), Smara et même la Mauritanie (Nouakchot avec 11 malades cancéreux dont 5 enfants selon les statistiques de 2006).

De son côté l’unité de Rabat (hôpital d’enfants du CHU Ibn Sina) doit répondre aux besoins des régions du Nord jusqu’à Oujda et Tanger.

Il s’ensuit de ce qui précède que 500 cas d’enfants cancéreux au moins, sinon plus, au niveau national, chaque année, ne parviennent pas aux unités hospitalières et donc ne sont ni diagnostiqués ni traités. On pense qu’ils meurent dans d’horribles souffrances sans que leurs proches se rendent compte de l’identité de leur maladie. Or, sans traitement, le cancer de l’enfant est fulgurant et peut emporter le malade en quelques mois, voire quelques semaines, suivant le type de maladie et sa virulence. L’une des plus fréquentes est la leucémie aiguë lymphoblastique suivie en termes de fréquence par la leucémie aiguë myéloblastique ensuite le lymphome (cancer du ganglion)... etc.

90% des cancers de l’enfant guérissables

Sur les 700 enfants cancéreux qui parviennent chaque année à être diagnostiqués, 250 atterrissent à l’unité d’hématologie et oncologie pédiatrique de l’hôpital 20 Août. Avec l’ouverture de l’unité d’hématologie oncologie pédiatrique Lalla Salma, un service exclusivement réservé aux enfants cancéreux, la pression sur l’ancien service qui était tenu de recevoir aussi bien patients enfants qu’adultes, va devoir s’atténuer, pense le responsable du service, le Pr Benchakroun. « Cela aura des incidences positives sur la qualité de la prise en charge », affirme-t-il.

Si le cancer de l’enfance peut être fulgurant, comme dit plus haut, il n’en demeure pas moins qu’il est guérissable car, selon le Pr Benchakroun, 90% des enfants cancéreux peuvent guérir. En effet, 4 enfants sur 5 guérissent.

Au cours de journées portes ouvertes du service, on fait justement appel à d’anciens patients guéris qui viennent témoigner par leur présence, de l’espoir face à un mal qui fait peur.

La durée du traitement varie entre 3 mois et 3 ans. Toutefois, souvent pour la majorité des cas, la durée est courte variant entre 6 à 12 mois, suivant les types de cancer. Une fois guéris, les enfants rescapés jouissent d’un potentiel de développement pareillement aux autres enfants du même âge, apprend-on. Le plus important reste la fourniture en médicaments très onéreux. A ce propos, le manque de médicaments est pointé du doigt comme responsable principal de l’échec du programme de lutte contre les ravages de la maladie dans l’organisme du patient.

Comme il a été déjà rappelé dans les plaidoyers de l’association AGIR, association partenaire du service, s’agissant du manque de moyens matériels chez les familles de malades, 10% à 15% des patients seulement bénéficient d’une mutuelle de prise en charge et sont remboursés pour les dépenses en médicaments, comme c’est le cas des affiliés de la CNOPS. Les familles aisées qui achètent en totalité les médicaments sans problèmes ne représentent que 3%. Par contre 20% des familles aux ressources limitées se démènent dans l’angoisse pour acheter une partie des médicaments. On vend ce qu’on a, on fait des crédit, on pousse des membres de la famille à cotiser, on cherche éperdument des parrains pour l’enfant. Les ONG, comme AGIR et l’association l’Avenir achètent une partie des médicaments tandis que des mécènes contribuent dans le même sens. A ce propos, l’on a enregistré des expériences de solidarité concluante comme ce fut le cas avec les « femmes allemandes » très efficaces en parrainant des enfants cancéreux. On n’ignore pas non plus des contributions de mécènes qui agissent dans un parfait anonymat. On n’en aurait jamais entendu parler sans quelques bribes de confidences des patients ou leurs familles.

Incidence du coût onéreux des médicaments.



 

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