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21 / 11 / 2008
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Maîtrise de la mercuriale pour permettre de répondre aux besoins de consommation des ménages PDF Version imprimable Suggérer par mail
Écrit par Abdelali Boukhalef   
11-08-2008

Bien que pâtissant toujours de l'envolée de certains prix des produits alimentaires, la ménagère marocaine ne devrait pas se faire du mouron. En pareille période et à la veille du mois sacré de Ramadan, les autorités de tutelle veillent au grain en ce qui concerne la régularité de l'approvisionnement en produits de consommation. 
On s'attelle également à éviter toute rupture dans les stocks régulateurs des produits les plus consommés en cette période de pointe.

Qu'il s'agisse des fruits et légumes, des viandes, des œufs et autres produits laitiers, ou encore de l'offre du sucre, du beurre, des tomates et des farines, la mercuriale serait relativement contenue dans les limites du supportable pour permettre de répondre aux besoins de consommation des ménages. A l'instar des années précédentes et pendant le mois de Ramadan, l'abondance sur les étals des commerces de proximité aura bien droit de cité. Un avant- goût en a été d'ailleurs donné par la récente initiative des pouvoirs publics en ce qui a trait à l'approvisionnement normal du marché des céréales.

Il a été en effet décidé d'ouvrir, à partir du 16 août 2008, le marché aux importations du blé tendre, avec la suspension des droits de douane, dans le but de garantir une bonne visibilité. Bien que la production nationale du blé tendre ait connu un accroissement significatif comparativement à la campagne précédente, la quantité collectée est insuffisante pour satisfaire les besoins, cette production ayant atteint, au 22 juillet 2008, près de 7,6 millions de quintaux. Voilà pourquoi, les mesures prises en la matière consistent en l'augmentation du prix référentiel à la production à 300 au lieu de 250 DH/quintal, et la généralisation de la prime de magasinage à tous les achats de blé tendre, d'une part, et en l'octroi d'une subvention de 40 DH/quintal au profit de la totalité des quantités collectées.

Il s'agit de stabiliser les prix intérieurs des farines et du pain à leurs niveaux en vigueur, d'autre part. Pour les autres denrées de première nécessité comme les graines oléagineuses, le sucre et les produits laitiers et dérivés, même si l'approvisionnement pourrait être hors de portée, tout laisse à penser que l'on aura recours aux mesures qui s'imposent. En dépit d'un contexte international de forte pression sur le bétail producteur et une flambée continue des cours de la poudre de lait, l'offre prévisionnelle en lait serait couverte par le disponible local. Mais dans ce cas de figure, il faut compter avec les importations des produits UHT. Estimée à quelque 60 millions de litres, la capacité productive locale serait insuffisante pour couvrir des besoins évalués à plus de 70 millions de litres.

Le Maroc, dont les importations de lait en poudre oscillent entre 10 000 tonnes/ an et 20 000 tonnes/ an, fait face à un déficit chronique de 200 000 litres par jour. Rappelons par ailleurs que la production annuelle du pays s'élève en moyenne à 1,4 milliard de litres de lait dont 64% sont industrialisés. La production des légumineuses aurait confirmé son retour vers des niveaux moyens, alors que les cultures sucrières auraient conservé un rythme de croissance soutenu (13% et 9,4% respectivement, en comparaison avec la campagne antérieure).
Le secteur avicole a, de son côté, continué de progresser à un rythme plus prononcé, comme en témoigne le bondissement de la production nationale de poussins de chair et des dindonneaux (+28% et +100%, respectivement à fin mai 2008, en variations annuelles). Mais est-ce à dire que les tensions sur les prix s'estomperont en fin d'été ? Rien n'est moins sûr.

La consommation des ménages pourrait avoir été quelque peu affectée par les hausses des prix, enregistrées au cours des deux derniers trimestres. Au mois de juin 2008, l'indice global des prix a augmenté de 4,7% par rapport au même mois de l'année passée. La contribution des produits alimentaires à cette croissance s'élève à 4 points. Ces évolutions étaient, au départ, quasiment d'origine importée, et concernent les produits non subventionnés.
Les effets induits par les phénomènes de substitution et d'insuffisance de l'offre locale, en produits alimentaires notamment, ont amplifié le phénomène de hausse des prix. Les prix des produits agricoles ont continué leur envolée, dans un contexte de poursuite de flambée de leurs cours sur le marché international.

Contrairement aux campagnes précédentes, la hausse des prix intérieurs a été portée, en plus des augmentations des prix des cultures fruitières et des légumineuses, par le renchérissement des produits céréaliers. Ces derniers ont vu leur prix de détail à la consommation progresser de 22,2%, au deuxième trimestre 2008, en variation annuelle. Dans ce remake, la spéculation pourrait avoir ses effets pervers sur certaines denrées périssables du fait de la courte durée de stockage.

Le Matin

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