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Sadaka lillah - chi drihem : 62,4% des demandeurs d'aumône sont des professionnels | Sadaka lillah - chi drihem : 62,4% des demandeurs d'aumône sont des professionnels |
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| Écrit par Hala Lahlou | |
| 19-08-2008 | |
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«Sadaka lillah ! «(de l'aumône au nom de Dieu), « chi drihem ! «(une pièce) , « aidez-moi à acheter des habits ou de la nourriture pour mes enfants »,… on ne cesse d'entendre à chaque coin de rue, à chaque sortie de magasin, de café, de gare ou autres des rengaines assez futées et adaptées pour les différents évènements et fêtes de l'année. S'il existe un phénomène qui ne cesse de proliférer dans les rues de la métropole, c'est bien celui de la mendicité. Selon les statistiques, un Marocain sur 150 est mendiant. Leur nombre au Maroc s'élèverait à quelque 200.000 dont plus de 62,4% sont des professionnels. Les femmes en représentent 51,1% et les hommes 48,9 %. La région de Rabat-Salé- Zemmour-Zaer arrive en tête, avec un pourcentage de 21,8 %, suivie de la région du Grand Casablanca avec 17,8 %, tandis que la région de Chaouia-Ouardigha-Abda Doukala enregistre le taux le plus faible, avec 6,8 % seulement. 34,6 % des mendiants ont entre 40 et 59 ans, les jeunes de 18 ans et moins représentent seulement 11,5 %. Avec un taux aussi élevé, le citoyen se trouve en difficulté de distinguer entre celui qui a vraiment besoin d'aide et celui qui pratique la mendicité comme profession. C'est pour cela qu'il est nécessaire de qualifier les deux types de ce phénomène. Certes, dans certains cas, des parents nécessiteux envoient leurs enfants demander la charité pour les aider à tenir un foyer précaire.
Cependant, il existe une mendicité professionnelle qui vise à générer de grandes fortunes sans aucun effort. Dans ce second type, les mendiants ont recours à toute leur intelligence et malice pour se passer pour des «handicapés» ou utiliser un langage de persuasion qu'on ne peut apprendre dans aucune école. A chaque sortie de magasin ou d'épicerie, devant les centres commerciaux, les gares, les stations de bus ou les guichets automatiques, les demandeurs d'aumône sont partout présents à tel point que les citoyens n'arrivent plus à circuler tranquillement et se sentent harcelés à cause des lamentations insistantes et des interpellations acharnées. Le phénomène de la mendicité n'épargne personne. En plus des vieillards, femmes et handicapés, des enfants et parfois même des nourrissants sont également enrôlés pour mieux solliciter les faveurs des passants. Certains professionnels ne lésinent sur rien pour attendrir les cœurs charitables quitte à louer ou «emprunter» les enfants des autres. Dans ce cadre, on trouve des réseaux bien organisés de mendiants qui vont même jusqu'à «la location» des enfants et des petites bonnes afin de les «utiliser» pour la collecte d'argent. Il est à signaler que certains de ces réseaux droguent les bébés pour les faire dormir toute la journée et attirer la pitié des passants à longueur de journée. Ces quémandeurs avides profitent, effrontément, de l'élan naturel de charité et de solidarité envers les plus pauvres pour faire tourner leur «commerce». Ils ne pensent plus qu'à acquérir de l'argent facile, autrement que par l'effort et le travail. Le meilleur exemple est celui des personnes qui se spécialisent dans la mendicité à bord des bus en distribuant des papiers de «doléance» contenant des histoires de tout genre.
Il faut dire que professionnalisme et ruse sont devenus les maîtres mots de la mendicité à la métropole. L'autre aspect de demande d'aumône de plus en plus en vue dans la capitale économique est celui des mendiants qui se déguisent en vendeurs ambulants. Ces derniers se préparent pour devenir professionnels en «méthodes d'apitoiement» dans le but d'avoir des billets de 50 à 100 dirhams quotidiennement. Ainsi, des vendeurs de kleenex, chewing-gum et autres passent facilement du commerce ambulant à la demande de charité. Ils marquent bien leurs «territoires» et choisissent les points stratégiques et des lubies avec une grande application. L'objectif principal de la mendicité est ainsi devenu une affaire qui devrait bien rapporter.
Programme d'intégration sociale
Les mendiants sont ensuite acheminés vers le centre de Tit Mellil où ils seront hébergés pendant une dizaine de jours, le temps que les quatre assistants sociaux dont dispose le centre effectuent leur enquête et élaborent des fiches de renseignements accompagnées de photos avant de proposer des formes d'intégration. L'enquête sociale est importante dans la mesure où les unités peuvent dans la foulée ramasser des personnes qui n'ont rien à voir avec la mendicité. Un réseau d'associations est aussi mis en place pour prendre en charge une certaine catégorie de mendiants, tels que les enfants et les handicapés.
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