vendredi, 07 novembre 2008 06:51

Papa est en haut Nouveau dvd de gad elmaleh Spécial

Écrit par Franck Peltier
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gad el Maleh"Papa est en haut", le spectacle de Gad Elmaleh est désormais disponible en DVD depuis le 6 novembre. On y retrouve Gad au piano, à la guitare et même aux percussions. Une très bonne idée cadeau pour les fêtes ...

Est-ce que vous préférez que je vous appelle Elmaleh, ou Almelah, comme on l’entend dans les bonus du DVD du spectacle ?
De toute façon, avec mon nom, j’ai tout entendu parce que ce n’est pas un nom qu’on voit souvent. Sur les courriers, j’ai tout vu. J’ai vu « Gadel Maleh », j’ai vu « Gad Elamel », « Gadelma Leh », « Ga Delmaleh »… ». Franchement, appelez-moi juste comme vous voulez, ça me fera plaisir.
Le DVD du spectacle « Papa est en haut » vient de sortir. Que vont retrouver les fans en bonus vidéo?
Dans le bonus de ce spectacle « Papa est en haut », on va retrouver des moments qui me sont chers, que je n’étais pas capable de mettre dans les DVD précédents. J’avais envie d’avoir, comme tous les artistes, des moments qu’on peut regarder comme des clichés, la route, les autographes, les fans, la loge, le public qui crie... Mais on a besoin de ça quand on commence à faire ces DVD. Il faut donner aux gens quelque chose qu’ils ne connaissent pas de moi, des choses, qu’ils ne voient pas, qu’ils ne soupçonnent même pas. Par exemple, c’est parti en voyant les bonus de films de cinéma, j’ai vu qu’on mettait souvent des scènes coupées au montage. En spectacle, on met rarement ce qui n’a pas été sélectionné en termes d’écriture. On me voit roder des spectacles en province, dans plein de petites salles. Il y a des soirs où des vannes ne passent pas du tout. On peut voir ça dans le bonus. On peut voir que ce n’est pas toujours la gloire, que tu n’as pas toujours la répartie. Dans ce bonus, il y a aussi une rencontre très importante pour moi, l’homme qui est pour moi le maître absolu du stand up dans le monde, Jerry Seinfeld. C’est une rencontre avec lui à Cannes. J’ai l’impression d’être un môme de 15 ans devant son idole. C’est assez émouvant comme moment parce que j’ai vécu un décalage. Quand tu arrives au festival de Cannes, les gens te connaissent, et puis tu as ce mec, ton idole, et tu redeviens un gamin. C’est un moment important. Il y a aussi de la musique. A chaque fois que je faisais des tests pour le piano dans les salles, car je joue du piano pour ce nouveau spectacle, je commençais à improviser, à me faire plaisir, et la personne qui m’a suivi a filmé toutes les improvisations. Ce sont des moments volés, de pure impro. Je ne suis pas en spectacle, juste en train de prendre du plaisir à faire de la musique, ce qui fait partie de moi. Dans ce nouveau spectacle, la musique est très présente, avec un peu de pudeur et d’humour, parce que je n’ai pas le courage, ou que je ne suis pas musicien. Je me sens musicien mais je ne suis pas connu comme tel. Nous les humoristes, on a toujours besoin, quand on fait un truc à côté, de le tordre un peu pour dire qu’on ne se prend pas au sérieux. Je chante, je ne me prends pas au sérieux, je fais de la musique, je ne me prends pas au sérieux. On est d’accord, je suis un comique.


« Papa est en haut » est un titre qui peut paraître énigmatique pour qui n’a pas vu le spectacle en province ou ici au Palais des Sports. A quoi fait référence ce titre ?
Ce titre fait référence à la chanson qu’on connaît « Colas mon petit frère », que j’analyse pour mon spectacle. « Papa est en haut qui fait des gâteaux, maman est en bas qui fait du chocolat ». Moi je la trouve un peu absurde cette chanson, si on l’analyse, c’est assez surréaliste. Pourquoi papa est en haut, pourquoi ils ne seraient pas tous les deux dans la cuisine ? Il y a un problème dans cette chanson. Colas c’est rare, parce que c’est Nicolas à la base. Et « Tu auras du lolo », personne n’a jamais su ce que c’était. Donc il y a vraiment quelque chose d’énigmatique autour de cette berceuse, ça m’a fait rire. « Papa est en haut », au-delà du titre de la berceuse, c’est une image sur le succès, et c’est un message adressé à mon fils. C’est lui qui a été mon point d’inspiration et ce spectacle lui rend hommage. Il parle de l’éducation, de la transmission et du fait d’être jeune père, la filiation. C’est une manière de lui dire que papa est en haut, il est sur le fronton de l’Olympia, il a du succès mais il est quand même là. C’est ce que je lui dis tout le temps. Dans cette chanson, c’est « Papa est en haut et papa est aussi en bas, il n’y a pas de soucis, ne t’inquiète pas je suis là ». C’est important de lui montrer que je suis heureux de ce succès-là. Des fois, je ne sais pas pour quelles raisons, pour ménager ses enfants et sa famille, on peut se dire « eux, ils n’ont pas ça alors il ne faut pas… ». Au contraire, s’ils te voient épanoui dans ce que tu fais, ils sont contents. Je savoure ce qui m’arrive et heureusement, parce que j’en ai vraiment rêvé donc je ne vais pas faire la fine bouche.

Tous les sketchs qui concernent votre fils de huit ans, ils sont à 100% vécus, ou il y a du fictif ?
Tous mes spectacles partent de points autobiographiques. Dans « Décalages », je parlais du parcours géographique que j’ai fait avant mon parcours artistique. Je suis parti du Maroc, j’ai été au Québec, puis j’ai fait le cours Florent en France. Je racontais ce parcours, avec les gens que j’ai croisés, les personnages que j’ai pu rencontrer dans les différents pays, avec leurs accents, leurs psychologies, leurs manies. Je prenais ça et je le tordais encore une fois. Dans « La vie normale », c’était pareil. C’est là que j’ai créé Chouchou et Coco. Ce sont des créations de personnages que j’ai rencontrés en France. Dans « L’autre c’est moi » est apparu le Blond, parce que je vivais en France des choses comme ça, sur la différence. A un moment donné, quand j’étais bien en France, que je me suis vraiment mis dans cette vie, je me suis mis à observer la vie, comme tout le monde. Non plus comme quelqu’un qui vient d’ailleurs non comme un citoyen qui regarde la vie. Je suis entré dans des analyses très pointues du quotidien. Ce qui me passionne le plus, c’est le petit détail de la vie quotidienne. C’est ça pour moi qui a une grande profondeur. Je ne pense pas du tout qu’observer quelque chose d’intellectuel ou culturel a beaucoup plus de profondeur qu’observer la démarche d’un mec dans la rue, ou le couinement d’un chariot à l’aéroport. Ce sont des choses très profondes qui me passionnent vraiment. Quand tu entres dans un aéroport et que tu vois qu’il y a des magasins de valise, tu ne peux que te dire « Pourquoi un magasin de valises ? Il y a quand vraiment des gars qui arrivent à l’aéroport qu’avec les slips ! ». Il y a que des choses comme ça qui me passionnent. Pour revenir à cette question sur l’enfance et le père, c’est autobiographique, je suis un papa, j’ai vécu ça. J’ai vécu les galères et les joies et j’aime bien casser les attentes qu’on a. Parce qu’on s’attend à des « violonades » sur le père… Non, c’est difficile aussi. Donc oui, il y a une grande partie autobiographique.

Ce qui veut dire que le sketch du biberon, en pleine nuit avec le lait en poudre et la pharmacie, ça vous est arrivé ?
Non, ça non. Après j’exagère les choses, c’est de la caricature. En fait, j’ai une idée et après je fantasme et je pars loin. Il m’est arrivé un jour de faire un biberon la nuit et d’imaginer ce que je ferais s’il n’y avait plus de lait en poudre. Je raconte qu’il n’y en avait plus, que je suis allé à une pharmacie de garde, et que les mecs qui étaient devant la pharmacie de garde, ce n’est pas du lait qu’ils vendent… Je pars loin.

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