samedi, 22 mars 2008 20:17

Le Maroc connaît actuellement une crise du pouvoir d'achat

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L'augmentation répétitive des prix des produits alimentaires de base inquiète les Marocains. Depuis ces derniers jours, jamais les prix des produits de première nécessité, huile, semoule, beurre, farine, lait, n'avaient connu pareille explosion. Que ces hausses de prix soient imputables à la spéculation locale ou à un renchérissement des prix de ces produits au plan international, les consommateurs souhaitent que le gouvernement intervienne.



"Les prix de beaucoup de produits ont augmenté. L'huile est passée de 9 dirhams à 14 dirhams le litre ; le kilo de couscous de 6 dirhams à 10 dirhams ; le kilo de la semoule a augmenté de 4,80 dirhams à 7,70 dirhams. Le prix du beurre a presque doublé. Il a été propulsé à 60 dirhams alors qu'il ne dépassait guère les 33. Nous ne pouvons rien face à la conjoncture internationale", explique Samir Mellakh, un commerçant.

Dans son intervention lors d'une conférence de presse organisée la semaine dernière, le Ministre de l'Economie et des Affaires Générales Nizar Baraka a reconnu que le Maroc connaît aujourd'hui une véritable crise du pouvoir d'achat. Cette tendance haussière est dûe selon lui à plusieurs facteurs : la baisse des subventions publiques à la consommation des ménages, la libéralisation des prix, l'augmentation de la TVA sur certains produits, et la conjoncture économique internationale.

Ces hausses affectent les ménages marocains. L'enseignante Karima Lhaddad a expliqué à Magharebia qu'elle en avait ressenti les effets sur son porte-feuille ces derniers mois: "Les prix atteignent des niveaux historiques. Je n'arrive plus à acheter la même quantité de produits alimentaires. Mon panier se rétrécit de jour en jour. J'ai dû faire beaucoup de concessions pour parvenir à passer le mois sans problèmes financiers."

Pour compliquer le problème, les revenus ne suivent pas l'inflation des prix, explique le sociologue Mohammed Rahmani. "Les classes moyennes n'arrivent pas à suivre la hausse des prix, alors que les salaires restent presque inchangés. On se souvient à titre d'exemple qu'il y a quelques années, un enseignant pouvait mener sa vie paisiblement alors qu'à l'heure actuelle, il doit lutter pour ne pas s'endetter", a-t-il affirmé à Magharebia.

Le député Abdelmounaim Geussous en impute la faute à une répartition inégale des ressources nationales : "La population marocaine n'a pas pu profiter du développement que connaissent aujourd'hui beaucoup de secteurs économiques, ce qui nous impose de revoir notre politique sociale", a-t-il souligné.

Quelles que soient les raisons de cette augmentation des prix, les Marocains cherchent une solution. Voyant leur pouvoir d'achat diminuer, ils en appellent au gouvernement pour qu'il prenne des mesures de soutien. De son côté, le gouvernement souligne le fait que les produits subventionnés (essence, sucre, farine et tournesol) n'ont connu aucune augmentation de prix. Ce renchérissement des coûts, affirment les responsables, ne concerne que les produits alimentaires non subventionnés sujets aux fluctuations sur les marchés mondiaux, comme l'huile de table et le beurre.

Le Ministre de la Modernisation du Secteur Public Mohamed Abbou a déclaré : "Le gouvernement est conscient de la situation et essaie de sauvegarder les prix des matières subventionnées. Mais on ne peut isoler le Maroc du contexte mondial."

Plusieurs mesures ont été prises pour tenter de résoudre le problème : renforcement du contrôle des prix, la répression de toute fraude sur les prix, l'affichage des prix pour amener les commerçants à éviter toute spéculation, l'obligation des producteurs à fixer les prix sur les emballages des produits subventionnés.

Le gouvernement de M. El Fassi propose également un "nouveau pacte social", composé de trois volets : le renforcement de la politique relative à la création d'emplois, la mise en oeuvre d'une politique transparente pour le contrôle des prix, particulièrement des produits alimentaires, et la lutte contre la pauvreté et la précarité.

Les syndicats quant à eux demandent que le salaire minimum mensuel soit porté à 3 000 dirhams, afin de renforcer le pouvoir d'achat des salariés.

Magharebia

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