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mardi, 06 décembre 2005 14:59

Personne n’est à l’abri

Écrit par Asmaâ RHLALOU
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Difficile de rencontrer quelqu’un porteur du virus du Sida et qui accepterait de s’ouvrir, à travers le journal, au lecteurs. Etaler un mal, toujours considéré, de par sa nature comme tabou, ou jugé de manière péjorative, encore par nombreuses personnes comme une maladie de la honte, relève d’un courage qui ferait défaut à beaucoup de saines personnes. Mme X.Z (Nous nous contenterons de ces initiales inodores et incolores pour lui préserver son intimité et son anonymat) a bien voulu dégager une partie du voile qui enveloppe cette maladie, qui n’arrive pas qu’aux autres mais qui n’a en rien entamé ni de son charme ni de son amour de la vie.

Avec dignité, X.Z. commence par raconter, avec une voix enrouée comment elle a affronté « le moment du verdict » des résultats du laboratoire et comment elle a été soutenue par ceux qui continuent à l’aimer comme si de rien n’était.

Q : Comment et depuis quand avez-vous contracté la maladie ?

R : J’étais enceinte au 5ième mois quand mon médecin m’a demandé de faire un bilan qui comporte aussi le test VIH, Je me rappelle du jour où j’ai reçu les résultats, qui étaient positifs .

C’était comme si le ciel m’était tombé sur la tête. Jamais je n’aurais soupçonné porter ce virus. Ma première pensée étais pour moi, mon mari et le bébé que je portais en moi. J’ai hésité. Pendant deux jours j’ai gardé le secret.

J’étais très déprimée et j’ai même pensé au suicide. Je me suis dit que j’allais mourir. Tout était sombre devant mes yeux. Moi qui ai passé toute ma vie à étudier, je n’avais que 25 ans, un diplôme d’ingénieur, un bon poste au sein d’un grand établissement public. Au moment où j’ai pu atteindre une stabilité familiale, avec un mari adorable et que je portais le fruit de mon amour, voilà que tout s’effondre autour de moi comme un château de cartes. J’ai ramassé mon courage et j’ai dit à mon mari ce qui est arrivé.

Sa réaction étais pour moi surprenante. Il a commencé à pleurer et à s’excuser comme s’il était lui le responsable. J’ai déduit que peut-être il m’avait trompée. Mais vu l’état où j’étais, J’ai dépassé une telle pensée.

Cette femme en face de moi me fixait, les larmes aux yeux et me disait “croyez-moi madame je ne l’ai jamais trompé”.

Le lendemain on a repris contact avec le même laboratoire pour dépistage. La grande surprise : mon mari n’étais pas contaminé.

Q : qu’elle était alors sa réaction ?.

R : Sa réaction, il ne s’est pas douté de moi, il m’a toujours soutenu, au fond de moi je remercie Dieu d’avoir sauvé mon.

Je lui ai proposé le divorce bien que je ne l’ai jamais trompé, et jusqu’à aujourd’hui je ne sais même pas comment j’ai pu contracté le mal .Heureusement pour moi et peut-être parce-que je ne suis pas si mauvaise que çà ,j’ai un mari que je considère unique , noble, et qui a toujours confiance en moi. Son comportement m’a poussée à l’aimer plus et à le respecter davantage.

Q : Avez-vous essayé de contacter des associations de lutte contre le sida pour un suivi médical et psychologique ?

R : C’est mon médecin qui, au début, avait contacté une association sur Casablanca, du fait de mon lieu de résidence et de travail. La réaction des gens de l’association a été telle que j’ai eu l’impression de contracter le VIH pour la deuxième fois.

On m’a conseillée, puisque je suis d’un milieu favorable, de me faire suivre ailleurs du fait qu’eux ne prenaient en charge que les personnes contaminées issues de milieux démunis. Je n’en revenais pas d’être rejetée de cette manière, à un moment où je ne savais pas où donner de la tête.

D’ailleurs, je ne m’en suis jamais remise.

Devant le refus de l’association locale,mon médecin avait pris contact avec une association européenne, où sa femme travaillait comme médecin chef, qui m’a prise en charge pour le suivi médicale et psychologique .

Q : Vous avez dû partir en Europe pour suivre un traitement ?.

R : Je suis partie en Europe voir cette association, et là on s’est occupé totalement de mon cas. L’attention, le soutien, la tendresse et les soins dont j’ai bénéficié m’ont donné goût à la vie et c’est là où j’ai compris que mon cas étais encore gérable ; et que porter le virus ne signifie pas automatiquement développer le sida.

L’espoir commençait à renaître surtout d’après les médecins qui s’occupaient de moi sur place, ma séropositivité n’était pas avancée et on m’a fait savoir qu’il suffit que je reste vigilante et que je suive mes traitements de manière régulière pour mener une vie normale.

Je suis restée 4mois en Europe jusqu’aux termes de ma grossesse pour accoucher d’un bébé, qui, comme si Dieu avait voulu lui épargner une vie de souffrance, est venu au monde mort-né.

Q : Après tout cela, avez-vous pu surmonter cette tragédie et le fait de ne plus pouvoir être enceinte ?.

R : Pendant dix-mois c’était vraiment le calvaire pour moi et je n’ai pas surmonté tout de suite ni ce sentiment de ne jamais devenir mère ni le fait que je porte un virus que certains décrivent comme une maladie honteuse.

Grâce à ma foi en Dieu et grâce au soutien permanent et inconditionnel de mon mari et bien sûr, le soutien de l’association européenne, la confiance reprenait le pas petit à petit et avec elle le goût à la vie.

Q : Comment vivez-vous votre séropositivité au Maroc ?

R : Il est extrêmement difficile d’être séropositif au Maroc, du fait de l’ignorance de la majorité des gens de la nature de cette maladie et la frayeur qu’elle suscite auprès d’eux .

Il est difficile de crier sur les toits sa maladie. Il est encore plus difficile de se confier aux autres. Ce qui restreint au maximum le cercle des personnes qui peuvent vous apporter un quelconque soutien. Au Maroc,il y a des gens, qui malgré leur degré de culture plus au moins avancé, pensent encore qu’il suffit de s’asseoir à côté d’un séropositif pour être contaminé. Bien entendu, c’est complètement erroné mais cela illustre de manière éloquente les limites des compagnes de sensibilisation du Ministère de la santé et des ONG marocaines concernées. La maladie continue toujours à être au Maroc un tabou. Ce qui rend la lutte contre le fléau encore plus ardue.

Q : De par votre expérience, comment percevez-vous le travail des associations marocaines de lutte contre le sida ?

R : Après mon retour d’Europe, j’ai pris contact avec une association sur Rabat, Et là j’ai remarqué que le suivi psychologique pour les malades est présent.

Les médecins bénévoles et la présidente de la dite association se comportent d’une manière extraordinaire avec les malades. Ils sont conscients de l’ampleur de leur tâche et font de leur mieux pour soutenir les malades, les sensibiliser, les réintégrer dans leur milieu et au sein de la société. Une grande partie des malades sont des femmes et issues d’un milieu démuni. Malheureusement, cette association, vu le manque de moyens, n’arrive pas à assurer les soins pour ces gens. Son rôle se limite en quelque sorte à la vulgarisation, la conscientisation, le dépistage anonyme et le soutien psychique.

Concernant les porteurs du VIH, elle les oriente vers le service des maladies infectieuses du CHU (Avicennes),qui prend en charge le malade en ce qui concerne l’approvisionnement en médicaments. (Il faut savoir que le coût mensuel d’un traitement pour un seul malade peut atteindre les 10.000 dh. Et comme c’est un traitement à vie, on imagine aisément qu’il est hors de portée même pour les malades issues de milieu aisé).

Q : Voulez-vous passer un message à nos lecteurs ?

R : On est toujours des êtres humains même si on porte le virus, on mène une vie normale même au sein de mon couple,bien-sûr avec les précautions d’usage. Je suis encore jeune, j’ai toute la vie devant moi et j’ai plein d’espoir qu’un jour on découvrira un traitement qui guérira définitivement les malades.

Il vaut mieux pour chacun d’entre vous de faire un dépistage que ce soit pour le VIH ou pour les autres MST. Car être séropositif c’est toujours gérable et on peut freiner l’évolution de la maladie grâce aux médicaments, mais si on reste sans dépister alors qu’on est porteur, on finira par développer le stade final de la séropositivité (sida).

A ce moment là, ça sera trop tard.

Mon conseil c’est de cesser de penser que c’est un mal qui n’arrive qu’aux autres. Et il vaut mieux prévenir que guérir.

Lopinion


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