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vendredi, 06 janvier 2006 14:07

Fouad laroui: de l'OCP à la Litterature

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laroui1s.jpg On se souvient des Dents du topographe, mordante chronique de la vie d'un jeune au Maroc (prix Decouverte Albert Camus). Le narrateur avait un regard trop lucide, et un besoin de liberté trop imperieux pour se resigner aux compromissions ou à la confortable mollesse que lui assurait son poste de haut cadre.

Il choisissait l'exil. Fouad Laroui, lui, l'avait bien sur precedé dans les froides contrées d'Europe. Pour y étudier d'abord, pour y enseigner dans les universités ensuite. Ingenieur de l'Ecole des Ponts et Chaussees, docteur de l'Ecole des Mines, il a fait apres ce brillant parcours une tentative meritoire et concluante de retour " au pays " : un passage de trois ans a l'OCP (Office cherifien des phosphates).

 Mais l'homme ne vit pas que de pain : le professeur d'economie a trop besoin de baigner dans une riche vie culturelle (il aime le theatre, les operas de Mozart, les grands auteurs impertinents et lucides, de Voltaire à Kundera) ; besoin de lire, en sirotant un café, l'exemplaire du jour du Monde : "Là-bas, je ressentais les diktats de la censure comme un affront personnel!" Besoin, donc, d'une liberte de pensee et d'expression qui etait deja necessaire a ce devoreur de livres et de journaux bien avant qu'il ne devienne écrivain. Nous retrouvons donc auteur et narrateur rue de Charonne, entreprenant de nous conter les amours de Romeo et Juliette en milieu beur. Jamal est "un jeune Français d'origine maghrebine, comme on dit dans la presse", Judith la fille unique d'un Juif. Amour impossible, mais récit bientôt impossible aussi : car qu'est-ce que l'amour?

Ce sentiment mysterieux et insondable se laisse-t-il enfermer dans des mots? Existe-t-il seulement, dés qu'on examine d'un oeil vraiment attentif les alibis, les motivations, les relations humaines?

« Le ton du récit, très détendu, très parlé, dissimule une structure assez complexe, qui mêle le narrateur à ses personnages, lesquels n’hésitent pas à intervenir dans le cours des événements relatés. L’intrigue débute rue de Charonne, en plein coeur de Paris, c’est une artère en pente que l’on peut monter ou descendre. Il y règne une tolérance certaine, qui autorise l’histoire d’amour entre le jeune Beur Djamal et Judith, qui appartient à une famille juive.

 Un univers de Feujs et de Rebeus, comme on dit aujourd’hui, mais aussi de Turcs et de Tamouls. Pas de problèmes entre les jeunes, ça coince davantage du côté des parents. Un petit monde familier dans lequel s’insinue Gluard, journaliste Front National pour qui le couscous est une spécialité auvergnate. A force de provocations, celui-ci finit défenestré. Mais les responsables de ce forfait interpellent le narrateur : " Tu vas pas mettre ça dans ton bouquin ! - Ben, pour qui tu me prends ? Je dirai qu’il a glissé et qu’il est tombé tout seul. " Le dénouement, ambigu et assez drôle, met aux prises l’auteur avec son éditeur. À vous d’en faire la découverte. » (extrait de la présentation des éditions Julliard).

« Nous retrouvons donc auteur et narrateur rue de Charonne, entreprenant de nous conter les amours de Romeo et Juliette en milieu beur. Jamal est "un jeune Français d'origine maghrebine, comme on dit dans la presse", Judith la fille unique d'un Juif. Amour impossible, mais recit bientot impossible aussi : car qu'est-ce que l'amour ? Ce sentiment mysterieux et insondable se laisse-t-il enfermer dans des mots ? Existe-t-il seulement, des qu'on examine d'un oeil vraiment attentif les alibis, les motivations, les relations humaines ?

Sorte de fil d'Ariane tenu du recit, cette idylle vouee a l'echec permet a Fouad Laroui de nous promener du Maroc a Paris en ecorchant au passage racisme, integrisme, credulite, paternalisme, fascisme, intolerance et autres sous-valeurs avec lesquelles les hommes s'empoisonnent la vie; et en meme temps de construire en virtuose un recit destructure, explose, ou les personnages font semblant de s'affranchir de leur createur, ou les derniers instants d'un journaliste d'extreme droite sont evoques sur deux modes, celui du roman-de-gare-bourre-de-cliches et celui de la fausse spontaneite-vraie creation litteraire, ou deux epilogues contradictoires se succedent.  » (extrait d'un article d'Henriette Sarraseca, l’Humanité)
 
« Horreur, une juive ! Malédiction, un arabe ! ». Le narrateur, cousin de Jamal, joue un rôle dans cette histoire : il essaie de réconcilier les membres des deux familles, puis il devient simplement le témoin de la haine qui les habite et qui se manifeste par des trahisons et des méchancetés qui n'en finissent pas. Les jeunes amoureux luttent contre les préjugés comme ils le peuvent, mais ils se heurtent à l'intransigeance des parents, des pères surtout : celui de Jamal, profondément anti-sémite, affirme que les juifs sont à l'origine de tous les maux de la terre ; celui de Judith surveille sa fille nuit et jour, « de la maison au lycée, du lycée à la maison ».

 C'est l'occasion pour le narrateur de faire référence à ses souvenirs littéraires : Shakespeare bien sûr, mais aussi Racine à qui le titre est emprunté, ou encore Kirkegaard et Jean Genet.
Mais à côté de cet amour interdit, un autre « amour blessé » apparaît, celui qui lie Jamal à son père ; mais aucun des deux n'arrive à comprendre l'autre, ils ne parviennent pas à se parler, parce qu'il y a entre tous les deux une génération qui a tout changé : le père est un immigré de la première génération qui subit les affronts et les injures de son entourage et qui se sent toujours orphelin et étranger en France, alors que son fils est un vrai Titi parisien qui n'a plus aucun point commun avec son père.(Présentation : Anne-Marie Smith).

Jamal aime Judith, qui le lui rend bien. Banale histoire d'amour entre deux jeunes gens nés rue de Charonne à Paris. Mais un problème insurmontable apparaît tout de suite : Jamal est beur, Judith est juive et les deux familles s'opposent fermement à cet amour. Elles laissent éclater leur rivalité ancestrale et font valoir, d'un côté comme de l'autre, que leur union est impossible.


  Est ce vraiment une histoire d'amour ordinaire, insignifiante? Non, car si les deux tourtereaux sont nés rue de Charonne, Jamel est beur, Judith est juive... Dès lors, tout le monde s'oppose à cette union. Différents personnages vont venir exposer leur vision des choses, de façon bornée, sans chercher à comprendre leur amour.


Le narrateur de cette histoire cocasse de Roméo et Juliette, est le cousin de Jamal. Il est spectateur de toute cette aventure et en rapporte tous les détails. Et il découvre qu'au delà de leur histoire d'amour, une histoire d'amour tout aussi poignante existe entre un père immigré et son fils qui ne se comprennent pas.  Qui triomphera ?? L'amour ou les idées préconcues sur les personnes en fonction de leurs origines ??
 En dépit de tout, l'amour reste avant tout une expression de soi et découverte de l'autre, au delà des normes , des interdits et tabous sociaux qui s'effritent:
complexes, enfants hors-mariage etc.


Fouad Laroui considère l'amour comme une notion d'une extraordinaire compléxité!! on s'est amusé à en décortiquer le contenu, aussi représente t-il pour nous cette quête effrénée d'un bonheur communément partagé( mais hélas impossible), basé sur le don de soi et surtout un élan d'authenticité inébranlable pour couper court aux artifices qui ternissent souvent les effets.


 j'ai trouvé son roman tout simplement fascinant, à tel point que j'avais envie de capter cette tension qui allimente cette fougue verbale irradiante quand on y succombe et dynamisante quand on s'en imprégne.Bref, il est brillament réussi, trés bien construit et remarquable du début jusqu'à la fin à tel point qu'on s'y accroche.


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Lu 5868 fois Dernière modification le lundi, 16 janvier 2012 03:03

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