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lundi, 03 avril 2006 10:26

L'épilepsie Quand les fkihs ont plus de patients que les médecins

Écrit par Hanane Hachimi
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L’épilepsie continue d’être considérée comme ayant des causes surnaturelles, tels la possession de l’âme par un démon, ou l’ensorcellement. Alors, on exorcise, on recourt aux herbes et autres potions miraculeuses, mais rarement aux médecins. A Casablanca les exorcistes et autres guérisseurs sont légion, alors que l’hôpital Ibn Rochd n’accueille que les cas désespérés.

DANS les mémoires, l’histoire de la jeune femme épileptique de Skhirat est encore fraîche. Elle est morte, il y a trois semaines, des suites d’un traitement violent reçu d’un soi-disant guérisseur, un fkih de la région. Tandis qu’elle se débattait et se tordait dans tous les sens, sa mère ne sut que faire. Alors, comme d’habitude elle fit appel au fkih du coin. Mais cette fois apparemment, les psalmodies habituelles n’ont pas permis de venir à bout de la crise. C’est alors que le Fkih suggère à la mère d’en venir aux grands moyens.

Elle a été purement et simplement ligotée. Le résultat, on le connaît, elle meurt des suites de cette folie. Ce comportement qui a été à l’origine du décès de la jeune fille n’est malheureusement pas isolé. L’épilepsie continue d’être considérée comme une maladie liée à la possession des mauvais génies et donc au surnaturel. Par conséquent, nombre de personnes pensent que le recours à la médecine moderne n’est qu’une perte de temps. Il faut se rendre à l’hôpital pour en avoir le cœur net. A Ibn Rochd, c’est le pavillon 30 qui prend en charge les épileptiques. Ce mercredi 23 mars, ils sont environ une dizaine à être venus en consultation. La plupart des malades affirment que l’hôpital est leur dernier recours. Les guérisseurs, eux, ont tout fait, tout essayé, sans résultat.

 Chez Haj Bellal le guérisseur

Les cas sont d’ailleurs nombreux et toutes les tranches d’âge sont concernées. Farid Bousadra, dont les parents habitent au quartier Derb Sultan, n’est âgé que de 13 ans. Il traîne la maladie pratiquement depuis sa naissance. Depuis l’âge de trois ans, il ne peut plus aller au bain comme le reste de la famille. Il ne prend sa douche qu’à la maison. La chaleur et la vapeur d’eau déclenchent immédiatement des crises qui laissent sa mère dans le désarroi.

 De même, quand la famille reçoit des invités ou si lui-même change d’environnement, il se met dans une situation de stress qui provoque ipso facto une crise d’épilepsie. Pourtant, sa mère n’a jamais pensé à l’emmener consulter un médecin. Selon elle, "son fils est victime d’une sorcellerie", diagnostic qu’elle tient de la grand-mère de Farid. Alors, ce dernier n’a pour seul médecin que Haj Bellal, guérisseur autoproclamé à Derb Sultan. "C’est un homme de bien qui a permis à plusieurs personnes de recouvrer la santé. Il ne fait aucun doute que mon fils guérira avec sa baraka", affirme-t-elle. Pour l’heure Farid est traité avec des herbes collées à longueur de journée sur le front.

Ce pansement est renouvelé trois fois par jour. Et la nuit, la thérapie consiste à prendre un verre de lait avec de l’huile de ricin, "haba souda" réputée avoir le don de tout soigner. Chaque semaine, il doit passer pour un massage et s’imprégner de la fumée de quelque encens ayant le pouvoir de faire fuir les mauvais génies. Les prières accompagnant cette thérapeutique de fortune permettront d’avoir un effet immédiat, la mère de Farid en est certaine. Le père lui ne se sent pas concerné par la maladie de son fils. "S’il est malade c’est la volonté de dieu et c’est par son pouvoir qu’il guérira", se dit-il dans un élan d’extrême fatalisme.

  La babouche miraculeuse

Mais apparemment, la famille commence à désespérer car, depuis trois ans qu’elle suit fidèlement les indications de Haj Bellal, il n’y a pas eu d’amélioration. Les parents de Farid pensent changer de traitement, mais toujours dans le même sens. Aller voir un autre guérisseur qu’on leur a recommandé, le Fkih Ould Sidi Beniffou. Un brave homme, leur a-t-on dit. Ce dernier n’utilise ni encens, ni herbes. Mais il serait détenteur d’une babouche miraculeuse dont les coups portés au torse des malades ont un pouvoir de guérison indéniable. La famille a eu plusieurs témoignages concordants. Alors cap vers Derb Sultan toujours, chez Fkih Ould Sidi Beniffou. Son "cabinet" est situé dans une rue quelconque à côté du grand marché. A l’intérieur, un grand hall sert de salle d’attente, alors qu’une autre pièce est réservée à la consultation. Apparemment, sa réputation n’est plus à faire. Il est environ 9 heures du matin et une vingtaine de femmes attendent déjà, accompagnées de leurs enfants. Aucun des malades n’est adulte et aucun des accompagnants n’est un homme. Apparemment, ce sont les femmes les plus enclines à cette pratique traditionnelle de médecine.

  Le fkih Ould sidi Beniffou, en action

C’est le tour d’une première femme, visiblement une grand-mère venue amener son petit-fils en consultation. Il a environ huit ans, peut-être neuf, mais pas plus. Sur le visage de l’enfant se manifeste une certaine inquiétude, comme s’il allait chez le dentiste. Sa grand-mère a beau le rassurer, rien n’y fait. La séance de consultation dure à peine quelques minutes, les soins de la bouche compris. A sa sortie, la question est posée de savoir combien demande le fkih pour ses honoraires. "C’est selon ce qu’on veut bien lui donner". A l’intérieur de la salle de consultation, cinq ou six personnes peuvent entrer en même temps. Et les femmes s’assoient sur un salon marocain et attendent chacune son tour, son enfant sur les genoux. Un enfant, sans doute pris par le stress commence une crise et sa mère est invitée à s’approcher du fkih. La babouche dans la main, il donne des petits coups sur le torse et le front de l’enfant qui n’arrête pas de pleurer. "Quitte ce brave garçon. Il ne vous a rien fait, ce pauvre ignorant. Quitte-le", dit-il en répétant chaque phrase après l’autre. Le pauvre enfant qui pleurait sans cesse se tut immédiatement comme s’il était exorcisé d’un simple coup de baguette magique. C’était à la maman de prendre le relais pour les pleurs. Les larmes aux yeux, elle pris tout ce que contenait son vieux portefeuille et le remit au Fkih, peut-être 50 dirhams, peut-être 100.

  Côté médecine...

A l’hôpital Ibn Rochd, seul un ticket de 60 dirhams donne droit à la consultation. Mais bizarrement, la file d’attente devant le pavillon 30, dans lequel sont accueillis les épileptiques, n’est pas aussi longue que celle des Fkihs. En effet, environ une dizaine de malades sont reçus chaque jour venant pratiquement de toutes les villes du Maroc. La capacité d’accueil est de 24 lits, qui sont cependant tous occupés. Mais seules les formes les plus aiguës nécessitent une hospitalisation. Une femme à l’age avancé venue de Khouribga accompagne son fils de 35 ans. Cependant, manque de chance, les médecins étaient en grève ce mercredi 22 mars 2006. L’attente aura duré quelques heures avant que les malades, venus de loin, ne se décident à rentrer. Mais pourquoi les gens continuent-ils de se faire soigner chez les fkihs. Les pratiques culturelles sont visiblement têtues car pour la médecine moderne, c’est une maladie comme une autre. "Elle est l’expression d’un fonctionnement anormal, aigu et transitoire de l’activité électrique du cerveau, se traduisant par des crises épileptiques appelées aussi crises comitiales", explique Ahmed Fellahi, neurologue à Casablanca. Elle se définit par la répétition des crises pendant un certain temps de la vie d’un individu. Selon notre neurologue, "le diagnostic de l’épilepsie repose sur la description scrupuleuse et précise du déroulement de la crise". En conséquence, "seul le récit du patient ou de son entourage permettra d’apprécier l’existence de signes évocateurs de la maladie : mouvements convulsifs, perte de connaissance, chute, absences, relâchement des sphincters, automatismes...".

  Les explications du Dr Fellahi

Pour confirmer le diagnostic, le neurologue prescrira un électroencéphalogramme, examen qui enregistre l’activité électrique du cerveau. Il sera répété pour suivre l’évolution de la maladie. La recherche de la cause de l’épilepsie se fera au moyen des techniques neuro-radiologiques comme le scanner et l’imagerie par résonance magnétique nucléaire (IRM). 40% des épilepsies sont associées à une lésion cérébrale (malformation congénitale, encéphalite, séquelles d’une souffrance à la naissance, traumatisme crânien, accident vasculaire cérébral, tumeur...). De 5 à 10% d’entre elles sont d’origine génétique. Ainsi les causes de l’épilepsie ne sont trouvées qu’une fois sur deux. Au Maroc, il n’y a malheureusement pas de statistiques officielles, compte tenu de la persistance de la médecine traditionnelle. Mais si l’on sait qu’au niveau mondial entre 0,6% et 0,9% de la population est atteinte, au Maroc on devrait compter environ 250.000 cas. Les traitements médicaux disponibles sont aujourd’hui assez efficaces selon les spécialistes. En effet, s’il n’existe pas d’anti-épileptique spécifique d’une forme d’épilepsie donnée, l’expérience du neurologue mène souvent vers un traitement aux résultats intéressants. Quoi qu’il en soit la prise régulière et quotidienne du traitement est le seul garant d’efficacité sur les crises. Trois réponses au traitement sont habituellement observées. "Les crises peuvent disparaître assez rapidement après la mise en route du traitement", explique Ahmed Fellahi. Il est également possible que les crises disparaissent et que les risques de rechute restent importants à l’arrêt du traitement. Enfin, "dans 10 à 20 % des cas, les crises persistent malgré toutes les tentatives de traitement médicamenteux. On parle alors d’épilepsie pharmaco-résistante", explique le même neurologue. Toutefois, cela peut aller jusqu’à l’intervention chirurgicale, pour 5 à 6% des épilepsies pharmaco-résistantes. Cette intervention ne peut être pratiquée que dans certains services de neurochirurgie spécialisés. Or, pour suivre un traitement médical, il faudra avant tout que les patients veuillent rejoindre les hôpitaux. Pour l’heure, les fkihs ont plus de patients que les médecins...

  Que faire devant une crise ?

La plupart des crises surviennent de façon inattendue. Elles sont de courte durée et s’arrêtent d’elles-mêmes. La majorité des malades ne se blessent pas au cours de la crise et n’ont en général besoin ni d’une hospitalisation ni de l’intervention d’un médecin sauf s’il s’agit d’une première crise. Pour les crises avec convulsions, il est important de garder son calme et de laisser la crise passer d’elle-même. Il est recommandé d’allonger délicatement la personne et, dès que possible, la mettre sur le côté. La protection de la tête et la vérification de la respiration sont également des mesures de précaution permettant de limiter les risques graves. En aucun cas, il ne faut paniquer ou intervenir inutilement. De même, il ne faut jamais empêcher les mouvements ni mettre quelque chose dans la bouche. Il n’est pas recommandé non plus de déplacer la personne sauf pour la protéger d’éventuelles blessures. Dans la plupart des cas, il est inutile d’appeler systématiquement l’ambulance ni de demander du secours, sauf si les crises se succèdent ou si la personne a des difficultés respiratoires ou des blessures. Enfin, il ne faut pas imaginer que la personne a totalement récupéré sitôt la crise terminée, certaines personnes restent confuses et désorientées plusieurs minutes après la fin apparente de la crise.

  Des idées préconçues

Contrairement à ce que l’on peut penser, un épileptique peut conduire, cependant l’avis de son médecin est nécessaire. Il n’est pas non plus vrai qu’une jeune femme épileptique ne puisse pas avoir d’enfants. Car dans la majorité des cas, l’épilepsie et son traitement n’empêchent ni la vie de couple, ni le mariage, ni la maternité. Une surveillance particulière sera nécessaire avant et pendant la grossesse. Cependant, un épileptique ne peut pas exercer tous les emplois. Le choix de l’activité professionnelle tiendra compte des facteurs de risques ; toutefois la très grande majorité des épileptiques peut mener une vie professionnelle normale. Les voyages et le sport ne sont pas déconseillés à l’épileptique, bien qu’un avis médical soit requis de même que la présence d’un proche. L’enfant dont le traitement est bien équilibré doit aller à l’école comme les autres. Au Maroc, contrairement à d’autres pays, il n’existe pas d’établissements spécialisés réservés aux cas particuliers.

Le Reporter Maroc

 


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