mercredi, 21 février 2007 10:59

Londres va retirer 1.600 hommes d'Irak dans les prochains mois

Écrit par AP
Évaluer cet élément
(0 Votes)
Au moment où les Etats-Unis envoient des renforts en Irak, leur principal allié la Grande-Bretagne réduit encore son contingent dans le sud du pays. Tony Blair a annoncé mercredi le retour d'environ 1.600 soldats britanniques dans "les prochains mois" et n'a pas exclu que les effectifs déployés dans le sud du pays, de 7.100 hommes actuellement, passent en dessous des 5.000 à la fin de l'été.
Le même jour, le Premier ministre danois Anders Fogh Rasmussen annonçait le retrait d'ici le mois d'août de ses 460 soldats, qui servent sous commandement britannique dans la ville de Bassorah. La décision a été prise en liaison avec le gouvernement irakien et les Britanniques, a-t-il précisé. Et la Lituanie envisage "sérieusement" de retirer ses 53 soldats.

En Bulgarie en revanche, le Parlement a prorogé jusqu'au 31 mars le mandat de son contingent en Irak. Les 120 militaires et 35 personnes chargées du soutien logistique sont affectés à la garde du camp de réfugiés d'Ashraf, situé à 70km au nord de Bagdad.

"La coalition demeure intacte", a pourtant assuré la secrétaire d'Etat américaine Condoleezza Rice, en déplacement à Berlin. Elle a justifié la décision de Londres, totalement conforme, selon elle, à la stratégie américaine. "Les Britanniques ont fait ce qui est réellement le plan pour le pays dans sa globalité, c'est-à-dire transférer la responsabilité de la sécurité aux Irakiens quand la situation le permet."

D'après le porte-parole du Conseil de sécurité nationale américain Gordon Johndroe, George W. Bush a discuté des projets britanniques avec le Premier ministre Tony Blair mardi matin par liaison vidéo sécurisée. Le président des Etats-Unis considère que la réduction du contingent britannique est "un signe de succès" en Irak, a-t-il expliqué. Le vice-président Dick Cheney a également jugé que l'annonce de Tony Blair voulait dire qu'"il y a des endroits en Irak où les choses vont plutôt bien".

Très critiqué chez lui pour avoir suivi les Etats-Unis dans la guerre en Irak, Tony Blair, qui doit quitter le pouvoir d'ici septembre, a précisé mercredi dans la Chambre des communes que les troupes britanniques resteraient en Irak au moins jusqu'en 2008.

Mais "dans les prochains mois", les troupes britanniques passeront ainsi "de 7.100 actuellement -contre déjà plus de 9.000 il y a deux ans et 40.000 au moment du conflit- à environ 5.500", a annoncé le chef du gouvernement. Si les forces irakiennes sont en mesure d'assurer la sécurité dans le sud du pays, le contingent britannique pourrait être encore réduit d'ici la fin de l'été, "possiblement en dessous des 5.000", selon Tony Blair, lorsque la base installée au palais de Bassorah passera sous contrôle irakien.

"Cela ne veut pas dire que Bassorah soit comme nous voulons qu'elle soit. Mais cela veut dire que le prochain chapitre de l'histoire de Bassorah peut être écrit par les Irakiens", a-t-il expliqué, précisant que le plan avait été accepté par le Premier ministre irakien Nouri al-Maliki.

Tony Blair a souligné que "la situation à Bassorah est très différente" de celle de la région de Bagdad, où vont se concentrer les renforts de 21.000 hommes envoyés par Washington. A Bassorah, "il n'y a pas d'insurrection sunnite, pas de base d'Al-Qaïda, peu de violences entre sunnites et chiites", a observé le patron du 10, Downing Street. "Si Bagdad ne peut être sécurisée, l'avenir du pays est en péril. Les ennemis de l'Irak ont compris cela. Nous l'avons compris."

Le 24 janvier, Tony Blair avait exclu un retrait d'ici octobre réclamé par l'opposition, jugeant que ce serait "profondément irresponsable". Le chef du parti libéral démocrate britannique Menzies Campbell s'est fait fort de rappeler mercredi la promesse faite à l'époque de faire de l'Irak "un phare de la démocratie" dans la région. "La dure vérité", a-t-il commenté, "c'est que nous allons laisser derrière nous un pays au bord de la guerre civile, où la reconstruction s'est arrêtée, où la corruption est endémique, et une région qui est bien moins stable qu'elle ne l'était en 2003."
Lu 1908 fois

Laissez un commentaire

Assurez-vous d'indiquer les informations obligatoires (*).
Le code HTML n'est pas autorisé.