mardi, 08 janvier 2008 05:47

Manhasset III

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Le Maroc se rend à Manhasset pour un troisième round des négociations sur la question du Sahara, avec la conviction que sa proposition d'autonomie constitue une base réaliste et novatrice pour des discussions sérieuses en vue d'un règlement définitif de la question du Sahara.

Il y va également, animé comme il l'était lors des deux rencontres antérieures, de la bonne foi, de la sérénité et de la ferme volonté de clore le dossier de ce conflit artificiel, vestige de la guerre froide, qui n'a que trop duré.


Ayant recueilli l'adhésion de la communauté internationale et de certaines franges dissidentes au sein même du polisario, cette proposition, fondée sur une approche démocratique et moderne de règlement de ce problème, constitue un tournant dans le traitement de ce dossier, et donc une chance historique pour enterrer à jamais ce vieux problème.

La démarche marocaine, qui a été qualifiée de sérieuse et crédible par le Conseil de sécurité, dans deux résolutions successives, est de nature à favoriser un règlement, qui tient compte des aspirations des populations de la région à se prendre en charge par elles-mêmes, sous la souveraineté marocaine.

Elle devrait également permettre de débloquer immédiatement ce dossier, vieux de trois décennies, enclencher le processus de retour à la mère-patrie des populations des camps de Tindouf et mettre un terme à leurs souffrances, des populations livrées à elles-mêmes et dépendantes de l'aide internationale pour leur subsistance.

Elle rompt avec toutes les démarches préconisées jusqu'ici, parce que inapplicables sur le terrain, pour le règlement de ce dossier ainsi qu'avec les recettes figées et éculées auxquelles continuent de se référer certains dirigeants du polisario et qui ne fournissent aucune alternative ou perspective aux populations séquestrées dans les camps, sur le territoire algérien.

Sur ce chapitre, l'Algérie assume une lourde responsabilité, au regard de ce drame, qu'elle continue d'entretenir sur son territoire, en refusant jusqu'au recensement de ces populations, maintes fois réclamé par les institutions internationales spécialisées de l'ONU.

Pour toutes ces raisons, le Maroc considère que les nouvelles négociations, qui vont reprendre à Manhasset, devraient avoir pour ordre du jour la discussion de la proposition marocaine.

Il met donc sur la table cette proposition, sachant que son initiative constitue, aujourd'hui, et après plus de trois décennies, l'unique alternative à toutes les démarches qui avaient été entreprises, sans résultats, à ce jour.

Dans tous les cas, le Maroc, tout en réaffirmant sa bonne foi et sa volonté sincère de s'engager dans ces négociations, souligne que sa disposition à négocier, ne peut avoir pour objet que sa proposition d'autonomie, qui a recueilli le soutien de la communauté internationale et qui fait l'unanimité au niveau intérieur.

A cet égard, le CORCAS, qui participe aux négociations de Manhasset, s'est imposé au niveau international comme interlocuteur représentatif des populations sahraouies, face à un polisario, miné par un mouvement notoire de dissidence et de contestation internes, qui se sont révélés au grand jour, lors de son prétendu congrès de Tifariti, au Sahara marocain.

le roi Mohammed VI avait souligné que le Maroc, aussi "longues et laborieuses que puissent être les négociations, garde sa main tendue en direction de toutes les vraies parties concernées par le règlement politique de ce différend artificiel, dans l'espoir de les convaincre de l'opportunité historique qu'offrent ces négociations".

Fort de cette proposition, dont plusieurs modèles sont en application en Europe notamment, le Maroc se réjouit d'être l'initiateur d'une nouvelle réflexion et d'une nouvelle approche, dans les annales diplomatiques, pour le règlement du dossier saharien.

L'élan international, suscité autour de cette proposition, constitue une reconnaissance des efforts marocains, pour tourner cette regrettable page de l'histoire maghrébine, dont les responsabilités sont connues de tous.

Le Maroc, en espérant que les autres parties s'engagent dans ce processus, dans une optique d'avenir, entreprend d'ores et déjà, les préparatifs pour accueillir les familles marocaines séquestrées dans les camps de Tindouf. Il s'attelle à mettre au point le dispositif de gestion du retour collectif de ces familles.

Plusieurs indices laissent entrevoir une telle perspective, notamment le mouvement de dissidence au sein du polisario, qui s'est amplifiée ces dernières semaines, et la contestation, qui gagne les camps de Tindouf, en plus du désespoir qui s'est emparé des populations, livrées à elles-mêmes depuis plus de trois décennies
Lobservateur Maroc

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