mercredi, 23 avril 2008 12:49

L'Afrique du Sud, disqualifiée sur le dossier

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South-AfricaL'Afrique du Sud s'est définitivement disqualifiée de tout éventuel rôle dans le dossier du Sahara, en affichant pour la énième fois son hostilité au Maroc et en s'en prenant violemment mardi à l'envoyé personnel du SG de l'Onu pour le Sahara, Peter Van Walsum, alors que ce dernier, selon la porte-parole du SG de l'Onu, elle-même, livrait au Conseil de sécurité, ses conclusions pour le règlement définitif de la question du Sahara, conformément aux usages en vigueur au sein de l'institution internationale.

 En tant que président du Conseil de sécurité pour le mois d'avril, l'Afrique du Sud a violé les règles de bienséance diplomatique, que lui dictait son statut, en prenant ouvertement parti en faveur de la thèse des autres parties, l'Algérie et le polisario. Un parti pris flagrant et manifeste, puisque il y a quelques jours, le représentant permanent avait adressé une correspondance à lui-même, en sa qualité de président en exercice du Conseil de sécurité, histoire de contourner la procédure en vigueur aux Nations unies, afin de pouvoir ordonner la distribution d'un courrier futile du soi-disant président de la non moins fantomatique république sahraouie aux membres du Conseil. Parce que la Rasd n'a pas les attributs d'un Etat pour pouvoir saisir directement et sans intermédiaire, l'Onu. Il fallait qu'un Etat, membre de l'Onu, accomplisse cette tâche à la place du sieur Mohamed Abdelaziz.

L'Afrique du Sud s'est ainsi disqualifiée de ce dossier, elle qui revendiquait un siège permanent au Conseil de sécurité, pour représenter l'Afrique. Elle est mal placée pour une telle gratification, qui lui aurait commandé, dans le cas du Sahara, la neutralité, puisque le dossier est entre les mains de l'Onu. Elle s'est alignée sur la position de l'Algérie qui, pour des raisons géopolitiques, datant de la décennie 70, a choisi le camp de l'hostilité au Maroc et à ses droits. L'Afrique du Sud aurait pu, au lieu d'épouser la position d'Alger, choisir une autre démarche qui aurait pu l'honorer, en Afrique et dans le monde, en soutenant les efforts de l'Onu.

De la manière qu'elle agit, depuis que Thabo M'beki a accédé au pouvoir, l'Afrique du Sud a manqué à ses devoirs, nui au prestige accumulé par sa lutte contre l'Apartheid. Pour mémoire, certains leaders de l'ANC, dont Nelson Mandela, avaient effectué leurs premiers entraînements au maniement des armes, dans la région d'Oujda, au Maroc, au lendemain de l'indépendance du Royaume.

L'échec de la diplomatie de Thabo M'beki est patent sur plusieurs fronts.

Au Zimbabwé comme en Côte d'Ivoire, les bons offices du Président sud-africain furent un véritable fiasco. La politique extérieure sud-africaine, qui devait cadrer avec sa puissance économique, et servir de modèle pour les pays africains, offre plutôt l'image d'une politique africaine balbutiante, embryonnaire et en mal de neutralité.

Prétoria a poussé son hostilité vis-à-vis du Maroc jusqu'à faire accréditer son ambassadeur auprès de la chimérique Rasd à Tifariti, en territoire marocain, en faisant fi, comme le polisario, des arrangements de l'Onu, concernant le cessez-le-feu. Ce geste constitue pour les marocains plus qu'un acte inamical et ingrat, une provocation.

De la sorte, l'Afrique du Sud s'est disqualifiée sur le dossier du Sahara.

En tant que président en exercice du CS, ce pays a violé les règles de retenue, que lui imposait son statut, bien que les prises de positions de Prétoria sur la scène internationale soient marginales.

Des pays influents, parmi les membres permanents du CS, ont marqué le soutien aux conclusions de Peter Van Walsum, qui a écarté l'option d'indépendance, comme objectif de règlement de la question du Sahara. Les Etats-Unis ont accueilli favorablement les idées de l'envoyé personnel du secrétaire général de l'Onu pour le Sahara qui "méritent d'être sérieusement prises en considération". Londres, pour sa part, a estimé que la proposition d'autonomie marocaine"
"mérite une considération sérieuse". 

MAP

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