dimanche, 17 août 2008 15:38

Le Maroc aux JO de Pékin 2008 : Hasna Benhassi l'hirondelle qui va apporter le printemps olympique Spécial

Écrit par Belaïd Bouimid
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Hasna Benhassi JO 08On les a vus tomber les uns après les autres, comme des feuilles d’automne sans support, rescapées et implantées, de manière artificielle, en ce mois d’été olympique chinois où seul compte l’or pour valoriser une nation.
Heureusement qu’il nous reste l’athlétisme pour espérer avoir droit de cite, dans cette palmette à un rêve, comme le rappellent partout les slogans affichés sur les murs pékinois: «un seul monde, un seul rêve».

On peut se targuer d’avoir tout dit de la participation marocaine, avant même que ne démarrent les compétitions, comme une voyante avisée, favorisée faut-il le rappeler par la quasi absence de communication horizontale. Il aura fallu l’arrivée de M. Kamal Lahlou, vice-président du CNOM, pour rappeler que «pour la première fois, le CNOM a pris en charge une forte délégation de journalistes et que plusieurs jeunes marocains, heureux lauréats du concours de l’Académie olympique, récemment créée au sein du CNOM, sont à Pékin pour suivre les JO».


Comme des feuilles d’automne en plein été pékinois


Mais pour le sport et la compétition, beaucoup d’athlètes sont à éviter, à la zone mixte, car soit ils se débinent et c’est là une tradition typiquement marocaine, ou on évite la presse, même dans un endroit aménagé pour cette rencontre rendue inévitable, soit on vous jette à la figure un discours misérabiliste sur le manque de moyens, la mauvaise préparation et d’autres prétextes encore, qu’on renie en bloc une fois la colère apaisée.
Ainsi en va-t-il de toutes les disciplines, la natation avec Sara El Bekri, qui a fait le déplacement de Pékin sans entraîneur. Rguig, le judoka qui est loin d’être convaincant sur le tapis, mais qui n’en trouve pas moins scandaleux que les judokas n’aient pas de médecin. Et puis, le comble, c’est ce boxeur qui a arrêté la compétition pendant trois années et qui proteste contre le fait que le club de l’ASFAR n’ait pas réglé ses problèmes.
«On a promis de régulariser ma situation, mais on n’a rien fait et je suis toujours caporal, avec un salaire de 2000 DH. Que faire avec cet argent, me préparer au plus haut niveau ou faire vivre ma famille et mes proches...»
La solution, alors interroge-t-on notre boxeur ?
Je vais me convertir au professionnalisme, au Canada ou en Europe, de toute façon je ne vais pas arrêter ma carrière en tant que boxeur et j’espère que mon club va me donner les moyens dont j’ai besoin pour honorer mon pays lors des compétitions internationales à venir. Mon rêve, c’était une médaille, je suis très déçu mais je m’en vais encourager les autres pour que la boxe marocaine, qui a un potentiel extraordinaire monte sur le podium.
«Nous sommes venus en Chine déterminés et nous avons réussi le plus grand nombre de qualifications, mais voila on se suffira comme c’est mon cas, d’avoir honoré notre participation, en repartant la tête haute après avoir respecté les règles en vigueur, l’éthique et l’adversaire » rétorque de son cote un judoka rendu mal à l’aise par la malchance qui frappe les Marocains, capables de faire mieux aux prochains JO à Londres.
On espère cependant que la boxe donne une médaille au Maroc, même si nos chances au podium ont été réduites de plus de 90 pour cent, avec l’une des délégations la plus étoffées de toute l’histoire olympique de la discipline.
Mais franchement, il y a eu de ces qualifiés, dont on aurait pu se passer, surtout dans le cas de Mohamed Amanissi, qui reconnaît lui-même être dans l’obligation de « faire beaucoup de travail physique et changer de morphologie » (sic).
Il a, certes, joué contre un Chinois, face à un public à cent pour cent allié et qui n’a pas arrêté une seconde de le soutenir, au moment où notre boxeur s’est recroquevillé sur lui-même, comme une tortue enfermée dans sa carapace, pour recevoir des coups et éviter le KO.
Finalement il a subi le maximum, un 15-0, un résultat qu’on n’a enregistré pour aucun autre combat des JO 2008, toutes catégories confondues.
Mais on saluera tout de même la réaction d’Amanissi, qui est venu à la presse et qui s’est expliqué courageusement, en rappelant le contexte, l’adversaire et le voeu de travailler dur pour se doter d’une physionomie de véritable boxeur poids lourd: « Oui, avec ma femme nous en sommes conscients et je fais tout pour être plus apte physiquement. Je sais que le public se gosse de moi, à chaque sortie et c’est pour cela que j’ai été fair-play, en saluant mon adversaire et le public, pour faire passer un message de sportivité ».
De ce côte-là, rien à reprocher à cet émigré, qui rêve de servir l’image du Maroc et son drapeau. Il en est fier.
La première série du 800m a été remportée haut la main par la doyenne de l’athlétisme mondial, la mozambicaine Maria Mutola en 1:58.91, contre 2:00.51 pour Hasna Benhassi, qui a achevé deuxième du 1er tour de la 5e série du 800m.
On a suivi la course, qui s’est déroulée sous un soleil de plomb et un climat humide très lourd pour les jambes de Hasna, mais qui ne s’en est pas moins débrouillée, tactiquement.
Contrairement à Mutola, qui a couru pour la première place et qui, à 43 ans, fait des miracles, Hasna Benhassi, elle, joue la médaille et le podium et l’essentiel en cette phase est de se qualifier.
On a vu la petite athlète, réduite à la physionomie d’une plume courir pour éviter le choc avec un groupe de concurrentes au physique plus impressionnant, qu’elle a réussi à dépasser et à se maintenir en tête, sans trop forcer.
«Mon objectif, c’est d’aller en demi-finale, assurera Hasna Benhassi et tout se jouera en fonction de la course à venir. Je me suis fixée pour objectif d’aller en finale et c’est là l’essentiel».
L’essentiel pour Hasna et aussi pour le Maroc qui comptera sur ses athlètes, pour retrouver le tableau du classement mondial...


AL Bayane

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