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lundi, 17 avril 2006 08:53

Je vais jusqu’au bout des choses

Écrit par Migros Magazine
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nelly_wenger.jpgFemme de pouvoir, Nelly Wenger se livre en toute simplicité. Authentique, la directrice de Nestlé suisse laisse place à la mère de famille et à la femme soucieuse de son image, un brin diva...
Souriante et naturelle, vêtue d’un ensemble noir, impeccablement maquillée, Nelly Wenger nous accueille dans son bureau de Vevey, une pièce immense et lumineuse encadrée de vitrines remplies de boîtes de chocolat, promotion des nouveaux emballages Cailler oblige. La femme que l’on a vue dans tous les médias pendant l’exposition nationale de 2002 trône aujourd’hui à la tête de Nestlé suisse. Nouvelle image. Amincie. Cette vive quinquagénaire incarne la femme d’action et parle avec autant de passion de son travail que de sa famille.
Cheffe de projet pour le bureau d’aménagement du territoire Urbaplan pour le canton de Vaud, directrice générale d’Expo.02, directrice générale de Nestlé suisse, vous aimez les postes de leader. Le pouvoir, c’est votre truc? C’est un don?

Le terme de pouvoir recouvre divers sens. Il est souvent connoté négativement. Moi, j’y mets la capacité d’agir, de mettre en œuvre des idées, des visions ou des intentions. Plus on a de pouvoir et plus, en principe, on parvient à transformer les idées en action. Dans ce sens, c’est vrai que le pouvoir est utile.
Vous avez atterri dans des métiers plus accessibles aux hommes généralement. Un hasard, un choix?
Un hasard. Peut-être. (Rires) Je pense que ce sont des métiers où l’on doit collaborer avec beaucoup de gens. C’est une aptitude, une envie, une volonté. Le fait de s’impliquer et celui de travailler beaucoup ne me semblent pas des caractéristiques particulièrement masculines. Si cela a été plus fait par des hommes jusqu’à maintenant, je pense que cette situation est en train de changer.
Vous êtes plutôt une main de fer dans un gant de velours, tout en séduction, reine de la discussion?
Avec qui? Cela dépend. Je n’utilise pas les mêmes moyens avec tout le monde, à l’interne ou à l’externe. J’ai un fonctionnement qui peut être assez autoritaire, très orienté objectifs avec mes collaborateurs, il est peut-être plus modulé avec nos partenaires.
Comment êtes-vous arrivée chez Nestlé? Est-ce qu’on est venu vous chercher? Est-ce que c’est vous qui êtes venue?
Ça, c’est top secret. (Rires)
Une envie de chocolat peut-être…
Au-delà du chocolat que j’apprécie beaucoup, pour moi Nestlé représente l’univers de l’alimentation. Un univers qui, en tant que femme, m’est très proche.
Comment faites-vous pour résister à toutes les tempêtes, vous avez un secret?
Je suis une passionnée, je m’implique totalement dans ce que je fais. En même temps, j’arrive très bien à rationaliser mes relations avec les autres au travail. Cela permet d’avoir les nerfs solides.
Vous êtes actuellement dans la tourmente avec les emballages Cailler relookés par Jean Nouvel qui sont peu écolos. Expo. 02 était axée sur le recyclage. Auparavant, vous vous occupiez de l’aménagement du territoire. L’écologie ne vous intéresse-t-elle plus?
L’aménagement du territoire était plus proche de ce que je fais actuellement. En ville, vous avez beaucoup de contraintes. Il faut circuler, s’amuser, créer des espaces verts, habiter, travailler, faire du bruit. Donc, l’aménagement du territoire est plutôt l’art de trouver chaque fois la solution la plus adaptée à l’objectif qu’on se donne. Pour le chocolat, on a fait un choix: la fraîcheur et la conservation.
Le respect de l’environnement est-il important pour vous?
Oui. Je trie mes déchets à la maison. J’ai un compost et quatre ou cinq poubelles pour séparer les déchets, une machine à laver qui économise l’eau. Je ramasse mon papier. Je roule en Twingo et je viens tous les jours au travail en train, comme du temps de l’Expo. J’ai un abonnement général depuis des années. Je suis quelqu’un de tout à fait responsable sur le plan de l’environnement.
Est-ce que vous avez des modèles de management des hommes ou des femmes qui vous ont marquée?
Je dirais que celui qui a le plus compté dans ma formation, c’est Nicolas Hayek. Je l’ai rencontré lorsque Expo.01 était en plein trouble, je venais d’être nommée directrice générale dans l’urgence. Lui, arrivait, nommé par le Conseil fédéral pour nous faire un audit. Il avait un rôle de contrôleur. Cette rencontre m’a interpellée sur beaucoup de choses, j’ai beaucoup appris. J’admire sa vivacité incroyable, son intelligence, son courage, il comprend vite, il parle vite. C’est un homme remarquable.
Qu’est-ce qu’il vous a appris sur vous-même?
Il m’a appris qu’il y a des caractéristiques importantes qui ne sont pas très répandues et qui peuvent être utiles: le courage d’entreprendre, ne pas être paralysé par la peur de l’échec, la force de frappe pour agir (rires), la capacité de conduire les choses avec d’autres pour arriver à un certain but dans des délais très courts avec une détermination très forte… des choses comme ça.
Finalement, vous vous adaptez à toutes les situations, et dans ce sens-là, vous être vraiment une «manager»?
Je pense que ce qui fait la force du manager, c’est justement cette capacité d’anticiper pour s’adapter aux situations nouvelles, rapidement.
Ici, dans votre bureau, vous avez un livre sur l’art contemporain au Maroc, vous êtes Marocaine d’origine. Vous êtes venue en Suisse à 19 ans. Vous avez la chance de diriger une des plus grandes entreprises suisses de renommée internationale. C’est un grand défi, une évidence?
Une évidence. Je suis profondément multiculturelle. Née au Maroc de parents français, j’ai effectué mes études à Paris. Je les ai poursuivies à Lausanne. J’ai connu mon mari, qui est Suisse, à l’EPFL et je vis à Saint-Sulpice (VD). Je me considère comme «multi-couches». Avec des strates, comme en archéologie. Je suis un mélange. Mélange d’enfance, de souvenirs, de rencontres… Je pense que selon les heures, selon la situation un pan de ma culture émerge plus fort.
» Professionnellement, je suis hyper-suisse, mes collaborateurs disent même que je suis très suisse alémanique. Côté famille, je suis très sud, très marocaine.
Parlez-nous du Maroc.
Le Maroc, c’est plutôt l’enfance, la famille. On est sept, on est un clan et je suis l’aînée. Je n’ai plus vraiment de famille au Maroc, mes parents vivent à Paris. Et mes frères et sœurs sont en France. Ils sont fascinés par la Suisse. Ils viennent pendant les vacances. Tous mes neveux viennent en été chez nous. On est un peu l’oasis de paix de toute la famille. Ma ville suisse, c’est Lausanne, avec mon mari. Mes enfants sont nés là.
Votre enfance a-t-elle été sucrée comme le chocolat?
Elle a été très douce parce que le Maroc est un pays qui sait vivre. Je pense que c’est la même chose pour chacun de nous. L’enfance est une période privilégiée.
Enfant, vous vous voyiez à la tête d’une des plus grandes entreprises de Suisse?
Non, je n’avais pas de projet bien défini. J’étais plutôt en alerte. Aujourd’hui encore, je garde les yeux ouverts sur ce qui se passe. J’ai des envies qui m’arrivent au moment où les chances se présentent. Comme un bon plat qui arrive sur la table et qui fait envie. A l’âge de 15-16 ans, j’ai eu une envie vraie mais très éphémère de devenir pilote d’avion.
Derrière votre carrière, y a-t-il une idée de revanche par rapport à ce que certaines femmes vivent au Maroc?
Ça serait assez romantique de vous dire que oui. Mais non! Je pense que des femmes qui ne peuvent pas réaliser leurs envies, il y en a aussi beaucoup en Suisse. Je ne considère pas que le Maroc soit particulièrement mal loti. De culture profondément francophone et française, j’aime le soleil, le sud, tout ce que ça évoque. Ma vie professionnelle, ma vie de mère, je les ai réalisées en Suisse.
Vous êtes quel genre de maman?
Je suis une maman du sud. Je suis d’une gentillesse avec mes enfants… Parfois irritante, assez inquiète, Carole (18 ans) et Louis (20 ans) se moquent de moi. J’ai une imagination terrible. Ils m’ont même dit que je devrais vendre mes scénarios catastrophes au cinéma, à Steven Spielberg.
» Le téléphone portable est la plus belle invention de ces dernières années! Si je me laissais aller, je les harcèlerais, mais je me contrôle. Je suis très aimante, même si physiquement je ne suis pas très présente. Ils sentent qu’ils peuvent compter sur moi. Je ne peux pas leur résister. Je ne peux pas les punir.
Une maman du sud, on l’imagine assez ronde, comme vous étiez avant. Vous avez fondu, quelle est votre recette?
(Rires) J’ai surveillé mon alimentation. Surtout, j’ai suivi les conseils d’une nutritionniste pendant une année. Chez Nestlé, on est dans l’alimentation, on a toujours de bonnes choses à manger. J’ai mes menus spéciaux, et je résiste. Même si je mange beaucoup plus de chocolat depuis que je suis chez Nestlé. Il y a les dégustations à faire, la curiosité qui augmente et le goût!
» On s’attache à cette matière qu’on a sous le nez en permanence (ndlr. Son bureau est rempli de boîtes de chocolat version Nouvel). J’essaie de ne pas en abuser évidemment. J’en mange plutôt le soir après le repas, en dessert. Je dois bien contribuer à la moyenne suisse en ce moment (ndlr. 11,6 kilos consommés par an et par personne).
Comment avez-vous décidé de maigrir? Un problème de santé?
Non, c’était dans une période de transition, entre l’Expo et mes débuts chez Nestlé. J’ai ressenti le besoin de réaliser un projet personnel. Quand je m’occupe d’un projet, je suis tellement concentrée que j’élimine tout ce qui pourrait m’embarrasser. Il y a eu cette transition entre l’Expo et ma nouvelle fonction. Je pense que j’ai eu besoin de me concentrer sur quelque chose d’un peu difficile.
Ce n’est pas Nestlé qui vous l’a demandé?
Non, Nestlé ne se permettrait jamais une chose pareille. Vous savez, chez Nestlé il y a plein de gens ronds. Pourquoi je ne l’ai pas fait avant? J’avais de la disponibilité à ce moment-là. Et ça m’a amusée Je suis une radicale de toute façon. J’ai traité mon régime comme tous les projets que je réalise. J’ai perdu 37 kilos. Quand je commence, je vais jusqu’au bout des choses.
Vous aimez bien tout chambouler?
Non, je n’aime pas tout chambouler, je ne change rien qui ne nécessite d’être changé. Ce que j’aime, c’est agir, le changement est un mouvement.
Est-ce qu’on vous appelle pour cela? Ou est-ce que c’est vous qui vous proposez?
Non! Je… Moi … (hésitante) Certaines personnes arrivent dans de nouvelles fonctions et font des changements de structure très rapidement. Moi jamais. Je ne change que quand j’ai l’impression que cela va améliorer quelque chose, que le changement est nécessaire.
Propos recueillis par Virginie Jobé et Séverine Liardon
Photos Gilles & Vincent Turin
 
 
Bio Express
Nelly Wenger est née le 18 juillet 1955 à Casablanca au Maroc. En 1973 sa famille déménage à Paris. L’année suivante, elle vient s’installer à Lausanne afin de poursuivre des études d’ingénieur civil à l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne. Elle y fera la connaissance de son mari, avec lequel elle a eu deux enfants (Louis, 20 ans, et Carole, 18 ans).

En 1991, Nelly Wenger devient cheffe de projet au Service de l’aménagement du territoire du canton de Vaud. Moins de dix ans plus tard, elle se retrouve aux commandes de l’expo nationale en tant que directrice technique puis directrice générale d’Expo.02.
Depuis septembre 2004, elle est directrice générale de Nestlé Suisse.

Migrosmagazine


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Lu 10711 fois Dernière modification le lundi, 16 janvier 2012 03:03

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