mardi, 13 décembre 2005 00:50

L’instinct de survie

Écrit par Naby
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La vie est belle, très belle, surtout très facile lorsque l’on est chez papa et maman et que notre temps libre nous le passons à philosopher sur le bien, le mal, la justice, l’injustice, la faim, la richesse, etc.

Pas grave, pensais-je, maman est à la cuisine, j’irai vite me mettre quelque chose sous la dent et je retournerai à mes méditations sur le devenir de cette planète. De toutes les façons, même en me levant le lendemain et en quittant la maison et même si j’oubliais de faire mon lit, il sera fait, frais et nickel à mon retour.

Passé cet âge, et révolu ce temps, la vie nous sépare et nous ouvre les yeux, ceux de la raison, de la réalité dure. « Deux choses instruisent l’homme de toute sa nature : l’instinct et l’expérience » disait Pascal.
La cuisine se met alors à ne plus vouloir fonctionner seule, la machine à laver non plus, ni ce maudit fer à repasser. C’est là que la chimie et la physique atteignent la cime de leur théorie dans le plus commun et le plus banal des actes quotidiens.
Une tasse de café ne vient jamais seule à moi et même s’il lui arrivait de venir, elle ne saurait se remplir de ce chaud et amer breuvage. Je pense à ce moment là à un cours de chimie, le rôle joué par les catalyseurs, je dirai, pour vulgariser la chose, qu’ils donnent ‘un coup de pied au cul’ à la réaction pour qu’elle se fasse.

Passons au lit - non ce n’est pas une invitation -, passons à ce maudit plumard, pourtant source de toutes nos joies : le repos, le sommeil, fuir la réalité, l’amour, le rêve, l’extase, le désir … Bref, le paradis sur terre. On s’y glisse, on s’y réchauffe, on l’utilise comme on veut. Il faut cependant revenir sur terre, et oui, et en vitesse en plus, retomber en enfer : Faut le faire ce lit. Le romantisme  prend alors la poudre d’escampette, il prend ses jambes à son cou. En  plus, les draps et les taies d’oreillers ça doit se laver sinon ça craint.

Revenons à notre charmante cuisine, source à son tour du pêché capital le plus tentant : la gourmandise. Le réfrigérateur ne se remplit pas tout seul, c’est comme ça. C’est là qu’intervient alors l’une des branches de la physique : la mécanique. La mécanique dans le sens où si tu ne bouges pas "tu crèveras la dalle" oui, c’est ce tiraillement au ventre provoqué par la faim. J’opte pour tout laisser tomber, je le prendrai dehors le café et à midi je passerai prendre un sandwich au snack du coin. Soulagement, d’une seule pierre deux coups.

Allez, je m’habille. C’est là où je me rend compte que non seulement j’ai oublié de faire marcher la machine à laver mais que la seule chemise propre dont je dispose est froissée, limite clodo quoi. Je la repasse à la vitesse de la lumière en jurant de tous les noms, en blasphémant même. Intervient alors la théologie et je demande pardon et repentir à l’au-delà.

Passés plusieurs jours, mon sens de l’économie commence à réagir, mes fonds passent subitement au rouge. Il se trouve que les repas pris dehors, en plus des dégâts faits à nos bourses, rassemblent à eux seuls tous les maux de la médecine : Les aigreurs d’estomac, l’obésité … la liste est longue et quand à être docteur en médecine il y a longtemps que j’ai choisi de ne pas en faire ma carrière.
Le temps s’est arrêté soudainement.  Je suis seule et il n’y a que sur moi-même que je peux compter : Aide toi le ciel t’aidera !

Morale de l’histoire :

Ni mon grenier, ni mon armoire
Ne se remplit à babiller.

Jean de La Fontaine (la Mouche et la Fourmi (IV, 3))

Lu 7800 fois Dernière modification le lundi, 16 janvier 2012 03:03

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